‹ Urbain ChevreauChapitre 301 sur 371 · LE SOMMEIL · texte numérisé non relu

LE SOMMEIL

Au milieu du sommeil, la beauté qui me fuit

Ne me paraît point inhumaine ; Et c'est là seulement que je goûte le fruit 120 De mon amour et de ma peine.

Elle souffre ma vue et flatte mes désirs ;

Elle me comble de plaisirs, Et de ses cruautés se repent et s'accuse. Dois je plaindre ou bénir mon tourment non pareil ? 125 Ce que, le jour, l'ingrate me refuse,

La nuit, je l'obtiens du sommeil.

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