LE SOMMEIL
Au milieu du sommeil, la beauté qui me fuit
Ne me paraît point inhumaine ; Et c'est là seulement que je goûte le fruit 120 De mon amour et de ma peine.
Elle souffre ma vue et flatte mes désirs ;
Elle me comble de plaisirs, Et de ses cruautés se repent et s'accuse. Dois je plaindre ou bénir mon tourment non pareil ? 125 Ce que, le jour, l'ingrate me refuse,
La nuit, je l'obtiens du sommeil.