‹ Urbain ChevreauChapitre 96 sur 371 · Lettre XXXIII, pp · texte numérisé non relu

Lettre XXXIII, pp

(Chevreau doit exagérer) lui avaient fait perdre. L'expression de sa gratitude est ici vive et franche, elle part d'un cœur vraiment touché.

On remarque plus de réserve dans l'acceptation de l'épée que lui a donnée M. de la Vau-Riou', Chevreau n'ose la refuser. C'est un beau cadeau, mais dangereux, parce qu'il est impossible de l'illustrer davantage. Il s'efforcera cependant de ne pas se montrer indigne de la bonne opinion qu'a conçue de lui M. de la Vau-Riou.

Le début du remerciement à M. Bary' est un peu lourd. « C'était assez que vous me donnassiez de l'espérance sans me donner de la gloire et que vous témoignassiez de la bonté sans y mêler de la flatterie. » Le reste est meilleur, malgré les débordements du Nil rapprochés des éloges excessifs de -M. Bary.

Chevreau y fait, à cette occasion, la critique de la franchise de son correspondant. Ce reproche, il le lui avait déjà adressé dans une précédente lettre', où il lui disait en substance : la franchise n'est pas une vertu de notre siècle; elle est impossible à la cour « où, pour être estimé homme de bien, il suffit seulement de vivre un peu mieux que les autres qui vivent mal » et où, quelquefois, une « hypocrisie néces" saire » est (( plus à rechercher qu'une probité nuisible. » Cette dernière phrase pourrait donner une fâcheuse idée de Chevreau, si l'on ne devait entendre ici le mot hypocrisie dans le sens de discrétion, qui empêche de divulguer à un autre, comme l'avait fait M. Bary, des secrets qu'il peut trahir à notre détriment.

Les lettres de simple information ou de pure politesse, de famille ou d'amitié sont de beaucoup les plus nombreuses.

Voici, brièvement résumé, le contenu de chacune d'elles avec, ça et là, quelques observations.

Le frère de Chevreav lui avait sans doute conseillé de retourner à Loudun sa patrie, mais celui-ci est de l'avis de Pompée « que le Sage devait croire son pays partout où était sa liberté. » Seule la présence de son frère pourrait l'engager à s'y rendre. Il promet, quand il y sera de « ne voii jamais d'autre ville que dans les cartes et dans les histoires. »

On ne sait auquel de ses frères Auguste, Pierre ou Jean, Chevreau

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