VI. — Myr de Hercé aux Commissaires des États
A Versailles, 10 avril 17S7.
Messieurs,
C'est avec le plus grand empressement que j'ay l'honneur de vous faire part de la destitution de M. le Contrôleur général. Le jour de Pâques, à onze heures du soir, M. le comte de Montmoriu se trans-
porta chez lui, par ordre du Roy, pour Jui annoncer que ses services n'étaient plus ;igréables à Sa Majesté.
Le lendemain, même annonce à M. le garde des sceaux. 11 était allé à Paris, à l'occasion de la mort de madame de Bérulle, sa fille, quiéloit décédée le samedi-saint. Lorsqu'on lui annonça la nouvelle de sa disgrâce, il répondit qu'il en remercioit le Roy et que Sa Majesté ne pouvoit lui rendre un plus grand service dans la circonstance de la douleur où le plongeait la mort de sa fille. On comprend facilement que M. de Galonné n"a pas reçu les ordres du Roy avec le môme sang-froid. Il a pour successeur M. de Fourqueux, conseiller d'État et membre de l'Assemblée des Notables. M. le président de Lamoignon, aussi membre de cette mémo Assemblée, a été nommé garde des sceaux. M. le premier président du Parlement de Paris, mécontent sans doute qu'on n'ait pas jette les yeux sur lui, a donné sur le champs sa démission qui a été acceptée. Il est remplacé par M. le président d'Ormesson.
Voilà, Messieurs, ce qui s'est passé de plus intéressant. On a dit que le Roy a fait dire à M. de Galonné qu'il étoit nécessaire qu'il restât quelques jours ici pour donnera son successeur tous les renseignements nécessaires relativement aux difîérens projets qui ont été proposés à l'Assemblée des Notables, ce qui prouveroit que l'intention de Sa Majesté n'est pas de s'en départir. J'ay l'honneur d'être, etc..
t Urb.-R., Évêque de DoL