‹ Urémie Expérimentale Essais ThérapeutiquesChapitre 51 sur 56 · RON · texte numérisé non relu

RON

auteurs ont, en effet, observé que « chez le lapin ayant subi l'exérèse des deux reins les injections massives intraveineuses où simplement hypodermiques d’eau distillée prolongent très considérablement la vie de l'animal, ce que les injections d'eau salée physiologique sont “incapables de faire. »

Nous n'avons pas, ‘personnellement essayé la valeur thérapeutique des INJECTIONS DE SÉRUM sALÉ. Certains auteurs leur reconnaissent des propriétés diuréliques marquées.

Mais dans nos expériences, nous n'avions pas à nous préoccuper de la valeur diurétique du sérum, cêtte propriété n'ayant pas à intervenir chez des animaux où nous avions créé un obstacle à la sécrétion urinaire.

Par contre, l'introduction dans l'organisme d'une certaine quantité de chlorure de sodium, particulièrement par voie sous-Cutanée, ne pouvait avoir, à notre sens, aucune chance de retarder l’éclosion des accidents urémiques. Etant donné que leur élimination était impossible c'était « aller au-devant des œdèmes ». HazzioN et Gar- RION, dans un travail sur la pathogénie des œdèmes, ont d’ailleurs constaté qu'en injectant à des lapins des solutions dé chlorure de sodium à divers titres de concentration, ils produisaient de l'œdème et particulièrement des œdèmes aigüs du poumon.

indépendamment de ses propriétés diurétiques

reel de

le sérum aurait pu être utile chez nos animaux par son action modificatrice sur le sang luimême. On sait que l'introduction dans l'organisme d'une notable quantité de sérum physiologique trouve une indication rationnelle dans les empoisonnements, et les résultats que l’on obtient dans ces circonstances par l'emploi de cette méthode thérapeutique, sont très différents, suivant la nature de la substance toxique. Les « lavages du sang » soat surtout utiles dans les intoxications déterminées par les poisons du sang proprement dit qui rendent par cela même ce liquide plus ou moins impropre à l’accomplissement de son rôle physiologique.

Il est d’ailleurs également rationnel d'admettre que ce simple « lavage » ne peut soustraire à l’organisme le poison qui l’intoxique et qu'il doit être complété par une émission sanguine qui remplira ce rôle. C’est là le principe de la « saignée transfusion. »

Mais, en réalité, les bons effets du lavage du sang ne peuvent se manifester complètement dans l’urémie, car ainsi que l’ont montré les expériences de MM. Acnarp et LopeR le sang ne constitue pas une réserve de substances toxiques, 11 n'y a pas ‘empoisonnement du sang à proprement parler.

Même quand les reins ne fonctionnent plus, le « mécanisme régulateur de la composition du sang intervient » et les produits nocifs s’accumulent dans des organes d’entrepôt, si bien qu'en

En AU

définitive le rôle du sérum physiologique et ses indications se trouvent considérablement réduits.

Ne semble-t-il pas d'ailleurs illogique de faire des injections de sérum physiologique à des malades qui retirent les plus grands bénéfices du régime achloruré.

Le principal reproche que l’on peut faire à l'eau distillée est qu’elle soit difficilement tolérée par l'organisme. Ne satisfaisant pas aux lois de l'iso- -tonie, elle doit tendre à la destruction globulaire.

Campan et MarcueTT: ont en effet vérifié que « chez un lapin sain, les injections d’eau distillée déterminent une forte oligocythemie, qu'elles ne produisent point ou ne produisent qu'à un très faible degré chez le lapin privé de ses deux reins. Chez ce dernier les injections d’eau distillée augmentent la coagulabilité du sang qui se trouve aïfaiblie après la double néphrectomie, effet dont sont dépourvues les injection d’eau salée: »

C’est là une assertion que nous n'avons pu vérilier, n'ayant dans le cours de nos expériences, jamais pratiqué l’examen,;du sang, mais ce que nous avons eu à noter, au point de vue pratique, c'est une plus longue survie qui semble indiquer que l'animal a fort bien supporté l'injection d’eau distillée.

Peut être le rôle nocif qu'elle exerce chez le sujet sain et qui est dûe à son « hypotonicité » se trouve-t-il annihilé par ce fait qu’elle peut, chez

l’urémique en rétention chlorurée, recouvrer gràce à ses réserves, une tonicité physiologique.

Nous ne pouvons allonger la liste de ces hypothèses destinées à expliquer le mode d'action des injections sous-cutanées d’eau distillée.

Il semble, en tous cas, que le rôle en soit assez complexe. Ce n'ést pas en prévenant la déshydratation que nous avons empêché nos animaux de mourir : leur poids a baissé dans les mêmes proportions que dans les expériences précédentes.

Bornons-nous donc, momentanément, à enregistrer les résultats obtenus.

7° SERUM GLYCOSE

Expérience n° XLV

Samedi, 5 h.....Opération. — Durée 1/4 d'heure. Opéré seul. Ligature des 2 pédicules rénaux.

A la suite de l'opération, l'animal recoit une injection de 100 em3 de sérum glycose.

Dimanche, R 0120; CI ET ARE ES PEE160:

Les pupilles sont normales.

L'animal recoit une deuxième injec- * F tion de 100 cm3 de sérum glycose.

Lundi, midi.

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