AT ONE
LA VOIE ANTÉRIEURE dont se sont servis CARREL et GUTHRIE, consiste en une incision transversale passant par le plan de l’ombilic et intéressant les 2/3 de la circonférence de l'animal. Cette incision circulaire intéresse les plans superficiels, les muscles et le péritoine. La masse viscérale est alors rejetée en entier à la droite de l'animal en expérience, protégée par des compresses et, de temps à autre, imbibée d’eau tiède pour lutter contre le refroidissement. C'est là le mode opératoire que nous avons adopté en lui faisant subir quelques modifications. Nous avons utilisé une incision longitudinale d'environ ro centimètres, incision médiane. Cette incision part en haut, un travers de doigt au-dessous de l'appendice xyphoïde. Elle a sur celle de CaARREL et GUTHRIE, que nous avons essayée, l'avantage de traverser des couches avasculaires, ce qui n’est pas négligeable quand on opère un animal peu résistant comme le lapin : économie de temps, économie de sang. L'éviscération s’est pratiquée dans nos expériences de facon un peu différente également : dans un premier temps, les anses intestinales sont rejetées à gauche, ce qui donne accès sur le rein droit. Les anses protégées par un grand champ, sont, dans un second temps, rejetées à droite ce qui permet l’accès sur le rein gauche.
Nous ne nous étendrons pas longuement sur la phase rénale de l'opération, nous dirons seulement quelques moi des difficultés, d’ailleurs mi-
Le
nimes, qui peuvent se présenter au cours de l’opération. Ces difficultés résident d’une part, dans ce fait que le rein droit est assez fréquemment adhérent à la face inférieure du foie, d’où les hémorrhagies par dilacération du parenchyme hépatique lors de la libération du rein droit. Quant au côté gauche, le rein nous a semblé être situé sur un plan inférieur au rein droit, contrairement à ce que l’on observe chez l’homme. Cette particularité mérite d’être signalée en ce qu'elle peut faciliter la découverte du rein gauche que l’on a tendance à chercher trop haut. Enfin, avant d'entrer dans le détail des observations de notre première série d'expériences, nous allons dire quelques mots des préliminaires opératoires :
À part un cas, nous avons opéré sans anesthésie et cela pour deux raisons : d’abord le peu de résistance de l'animal en expérience aux anesthésiques el ensuite, la crainte de déterminer des accidents toxiques. Ceux-ci auraient pu fausser les résultats de nos expériences, soit en déterminant des phénomènes morbides surajoutés : état comateux postanesthésique ; soit en diminuant la survie de l'animal.
Nous n'avons pas employé pour fixer lanimal lors de l'opération de table spéciale. Nous nous sommes contenté de le fixer solidement aux pieds
de la table d'opération par des liens asseze forts.
Reconnaissons, en passant, que la constriction dé-
terminée par ces liens, détermine fréquemment
des phénomènes parétiques des membres, qui disparaissent d’ailleurs très rapidement. |
Nous procédions, après avoir fixé l'animal, à la tonte de la paroi abdominale antérieure et ce, sur une assez grande étendue. Nous ne rasions pas.
L'opération se faisait après lavage des mains, avec des instruments stérilisés. Les champs protecteurs des anses intestinales, de même que les fils à ligature, le plus souvent fil de lin, étaient également stérilisés. L'eau tiède, destinée à arroser les anses intestinales, avait été préalablement bouillie. Nous avons donc opéré, sous le couvert d'une asepsie personnelle presque parfaite. L'asepsie de l'animal a été un peu négligée, parce que difficilement réalisable. Néanmoins, les anses ont toujours été protégées avec soin, si bien que, même chez les animaux dont la survie a été relativement longue, nous n'avons pas eu à noter de phénomènes péritonéaux. Nous n'avons jamais eu recours aux antisepliques, qui, aux mêmes litres que les anesthésiques, auraient pu être causes d'erreurs. ?
L'opération terminée, les animaux étaient réchauffés très rapidement au poële à gaz. Nous avions en effet remarqué une assez forte tendance au refroidissement dû peut-être à la nature même de l'opération, mais en tous cas imputable surtout au shock opératoire ef à l’eau qui, baignant cons: tamment les anses, mouillait une grande partie du corps de Fanimal. La plaie était tantôt proté-
gée par un pansement ouaté, soit laissée à découvert. | | |
__ Faisons remarquer que nous avons choisi des animaux ayant tous à peu près même poids (environ 1800 grammes). La résistance à l'expérimentation était donc sensiblement la même et. pourtant la survie, après l'opération, est différente. Il y a là une question de résistance personnelle que les expérimentateurs ne peuvent qu'enregistrer: