‹ Utilité Et Possibilité De L'adoption D'une Langue Internationale Auxillaire En MédecineChapitre 13 sur 24 · EE · texte numérisé non relu

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termes techniques de la médecine étant déjà pour la plupart internationaux ét entrant ainsi de droit dans la langue internationale avec l'orthographe et les terminaisons caractéristiques spéciales de cette dernière.

La diversité des langues a apporté jusqu'ici le plus grand obstacle aux relations médicales internationales, dont les congrès internationaux sont restés à peu près les seules manifestations, et combien peu faciles, nous l’avons vu.

La langue internationale rendra au contraire ces relations très faciles, et le but de l'Association Universelle des Médecins Espérantistes récemment créée est justement de faciliter par l’Esperanto «les relations pratiques entre médecins de tous pays ».

Il est d’ailleurs dès maintenant possible de citer des services de cet ordre rendus par l’Esperanto

C’est le D' Maillard, secrétaire de L'Encéphale, qui ayant besoin en 1904 de renseignements sur la démence précoce, encore peu connue en France, écrit en Esperanto au D Grünfeld, médecin de l’hôpital psychiâtrique de Kichinev (Russie), dont il avait vu le nom dans /nternacia Scienca Revuo, et qui en reçoit un exposé complet des travaux russes concernant la question qui l'intéresse.

C'est M. Rousseau, pharmacien à Levallois- Perret, qui rédige un dictionnaire pharmacologique en neuf langues (anglais, français, allemand, hollandais, espagnol, italien, russe, suédois et Espe-

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ranto) avec l’aide de huit confrères de différentes nationalités qui n'ont avec lui d'idiome commun que l'Esperanto.

C'est le D' Panel, directeur du Bureau d'Hygiène de Rouen, qui recevant fréquemment de l'étranger des demandes de renseignements, et ne sachant pas toutes les langues européennes, répond à ces demandes en Esperanto, en mettant en haut : de sa lettre dans la langue du pays : « Demandez la traduction au Groupe Espérantiste de votre ville », et qui peut ainsi facilement satisfaire ses correspondants.

C'est le Professeur Diakonov, de Moscou, qui, ayant à demander un renseignement à un collègue polonais d'Autriche dont il ignore la langue, lui écrit en Esperanto, sans aucune étude préalable, au moyen d'une petite « Clef-Esperanto » de quelques pages, et reçoit, également en Esperanto, le renseignement demandé. (')

C’est enfin nous-même, pour la rédaction de cette thèse, qui avons reçu de tous pays, en Esperanto, des documents et des renseignements sur le sujet que nous nous proposions de traiter, — et si nous avions, comme le D’ Achard, quelque mémoire hollandais, russe ou même japonais à faire traduire, ce serait ‘sans difficulté que nous le pourrions, en nous adressant à des confrères hollandais, russes ou japonais de l'Association Universelle des Médecins Espérantistes.

Nul doute aussi que l'emploi de la langue internationale ne puisse être d’un grand secours au

() Voéo de Kuracistoj, numéro 10, 1908.

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fonctionnement du « Bureau international de Santé » dont la fondation a été décidée par le dernier congrès de Rome, comme d’ailleurs à celui de toutes les institutions internationales analogues.

Si les relations internationales entre médecins sont grandement gênées, ou même totalement empêchées par la diversité des langues, celles entre médecins et malades de différentes nationalités ne sont pas moins difficiles.

Le D’ Mikolajski, de Lwôw (Autriche), dans Voéo de Kuracistoj, attire l'attention sur la situation des médecins de villes d'eaux et de stations balnéaires qui sont souvent dans l’impossibilité de comprendre les malades de nationalités très diverses qui leur sont adressés, et le D’ Corcellet, d'Alger, raconte, dans la même revue, les difficultés qu’il eut souvent à se faire comprendre de beaucoup de ses clients, comme médecin de Hammam-hira, où passent l'hiver de nombreux rhumatisants et goutteux étrangers, surtout allemands, anglais et américains.

La connaissance générale de l'Esperanto mettrait évidemment fin à ces difficultés et permettrait en outre aux médecins qui envoient leurs malades dans des villes d'eaux étrangères, de se tenir en relations avec leurs confrères de ces villes, de leur faire connaître directement l’état de leurs clients, la marche antérieure de leur affection, le traitement déjà suivi, etc., comme aussi d’être eux-

mêmes tenus au courant des progrès ou des incidents de la cure thermale entreprise.

La diffusion de plus en plus rapide de la langue internationale, aussi bien dans le public que parmi les médecins de tous les pays, lui permettra sans doute dans un avenir peu éloigné de remplir le rôle que nous indiquons ici; nous en avons pour preuve les usages pratiques de toutes espèces auxquels elle a déjà donné lieu. N'a-t-on pas vu récemment un ingénieux « spécialiste » américain, qui guérit «en trois jours » une affection très internationale, ajouter l'Esperanto à la quadruple ! mention bien connue des affiches dont il orne certains édicules de nos voies publiques : English spoken, — Man spricht deutsch, — Se habla español, — Si parla italiano ?.….

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