VII
jeune) : blindulo, un aveugle (blinda, aveugle) : timulo, un poltron (fimo, peur). etc. Le second, ist, marque la profession, l'occupation habituelle. Exemple : nstruisto, instituteur ; kuiristo, cuisinier; kuracist{o, médecin (kuraci, traiter un malade), etc. Le troisième, esfr, signifie maître, chef. Exemple : lernejestro, maître d'école ; regnestro, chef d'Etat; #mperiestro, empereur ; elefantestro, CorHacnetc:
Ces exemples suffisent sans doute à montrer la simplicité en même temps que la fécondité des procédés imaginés par Zamenhof pour multiplier à l'infini les mot du dictionnaire Esperanto. ù
Il va sans dire que plusieurs affixes peuvent se combiner entre eux et avec les racines, de manière à augmenter encore les ressources du vocabulaire. Exemple : arb-et-aro, bocage ; reg-ist-aro, gouvernement (ensemble de gouvernants); g7andeg-ulo, géant, etc.
Comme le grec et l'allemand, l'Esperanto peut enfin former des mots nouveaux par le simple accolement de deux racines. Exemple : fervoÿo, chemin de fer (fero, fer; vo/o, chemin), /umiuro, phare ({umo, lumière ; furo, tour) ; sunfloro, tournesol (suno, soleil ; floro, fleur), etc.
La grammaire de l’Esperanto n'est pas moins remarquable que son vocabulaire. Elle est tellement simple et concise qu'elle tient, a-t-on pu dire, tout entière, en seize règles.
Elle est aussi vraiment internationale, en ce sens qu’elle est constituée par les règles communes
à toutes les grandes langues modernes, abstraction faite des règles particulières à chacune d'elles.
Passons rapidement en revue les principales parties du discours :
1° Pas d'article indéfini; un seul article défini, la, absolument invariable. Le père, la patro ; la mère, la patrino ; les parents, la gepatroj.
2° Le nom, caractérisé par la terminaison 0, n'a pas de genre grammatical, Le sexe féminin se marque à l’aide du suffixe 210. Exemple : bovino, vache ; #rsino, ourse; kuracistino, femme médecin etes
Le pluriel se forme en ajoutant à la terminaison du nom, la demi-voyelle 7, qui se prononce comme notre y dans yeux. Exemple: /a homo, l’homme ; /a homo, les hommes.
3° Les principaux pronoms sont : "11, je, moi; vi,tu, vous ; 2, lui ; #1, nous ; zl1, ils, eux, elles, etc.
Quand le nom ou le pronom est complément direct, cette fonction se marque par l’adjonction d'un #. Exemple: je le vois, m1 vidas lin; il m'appelle, !i min vokas ; j'aime mon père, #1 amas mian patron.
4° La conjugaison du verbe est, en Esperanto, d’une simplicité, d'une facilité vraiment idéale. Tous les verbes, cela va sans dire, sont de la même conjugaison, et il n'y a pas de verbes irréguliers, pas même le verbe être. Cette conjugaison se résume en douze terminaisons, dont six pour le verbe proprement dit et six pour le participe. Aïnsi, le présent de l'indicatif se marque par la terminaison as, la passé par fs, le futur par os, le conditionnel
par us, l'impératif par #, sans distinction de personnes et de nombre. Exemple : m1 kantas, je chante ; n1 amas, nous aimons: v7 estis, vous étiez, vous fûtes; /2 donos, il donnera; n1 volus, nous voudrions ; {li venu, qu'ils viennent. L'infinitif se marque par /. Exemple: kanti, ami, esti, chanter, aimer, être, etc. Les terminaisons des participes actifs sont: ant, int, ont, et des participes passifs: at, tt, ot (présent, passé et futur). Exemple : chantant, kantanta; ayant eu, havinta ; devant venir, venonta: aimé, amata; perdu, perdita, etc.
Nous avons voulu, dans cette thèse, plutôt que de disserter théoriquement sur l'utilité de l'adoption d’une langue internationale en médecine, apporter des documents qui prouvent à quel point les relations médicales internationales sont actuellement gênées par la diversité des langues.
On s'accorde d’ailleurs généralement sur ce point ; mais il n'avait pas été trouvé jusqu'ici de solution satisfaisante pour mettre fin à cette situation regrettable.
Nous avons montré que de tous côtés on commence à chercher cette solution dans l'adoption de l’Esperanto, et nous avons prouvé d’autre part que cette langue permet facilement de traiter des
sujets médicaux. L’exposé qu'on vient de lire de sa constitution, joint aux preuves que nous avons données, achèvera, nous l’espérons, de convaincre de la possibilité de son adoption comme langue auxiliaire internationale en médecine.