‹ Utilité Et Possibilité De L'adoption D'une Langue Internationale Auxillaire En MédecineChapitre 7 sur 24 · A NT · texte numérisé non relu

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indispensable en notre siècle, au lieu que nos langues actuelles, avec leurs exceptions, leurs incohérences, leurs orthographes fantaisistes, sont faites pour inculquer dès le jeune âge, le mépris de la vigueur et le culte de la mémoire inintelligente. L’effort intellectuel sera moindre pour apprendre l'Esperanto et faire les études d’une carrière libérale, que pour apprendre à fond une seule des langues vivantes actuelles, et il sera fécond, car il nous affranchira de ce culte de la mémoire pure que nous ont transmis les brumes du moyen âge, et qui arrête, à mon avis, de fâcheuse manière l’évolution actuelle, sous l'égide de nos grammaires actuelles.

. Certes nos langues actuelles répondent à notre sens littéraire artistique actuel, mais s'en servir pour l'usage scientifique et surtout pour former de jeunes esprits, me semble aussi absurde que de vouloir faire une épure d'exécution avec le pinceau d'un peintre.

Proîfesseur Fournier :

Je ne puis qu'applaudir à l'idée d’une langue internationale, en vue de faciliter les échanges scientifiques.

Professeur Ch. Richet :

1° La possibilité d’une langue internationale n'est pas une utopie ; car l'expérience prouve d’une manière péremptoire qu'on peut avoir deux langues maternelles (le provençal et le français, — le suédois et le finnois, — le breton et le français, — le Hamand et le français, etc., etc.).

Ce 2° Dans la recherche et l'étude médicales, beaucoup de temps est employé en pure perte à apprendre des langues étrangères indispensables. C’est une non-valeur que de passer deux ans à étudier l'allemand, un an à étudier l'anglais, pour les comprendre mal. En six mois on saurait parler, écrire en Esperanto.

3° L'enseignement de l'Esperanto, s'il était rendu classique, permettrait en peu d'années de rendre cette langue abordable à tous, et cela aurait simplifié et généralisé toutes les études médicales, rendues si lentes et laborieuses par la nécessité de parler au moins trois langues extrèmement difficiles (anglais, français, allemand).

Professeur Gariel :

Vous me demandez mon opinion sur des questions que je crois pouvoir résumer ainsi :

1° Ÿ a-t-1l intérêt pour les médecins à connaître une langue auxiliaire internationale ?

2° L'Esperanto peut-il être cette langue auxiliaire internationale ?

Je m'empresse de vous faire connaître mes idées Sur: cé Sujet

Je ne m'arrêterai pas longtemps sur l'utilité d'une langue qui serait comprise et parlée par tous les hommes : je crois que c'est là un point qui n’est contesté par personne. Je vais cependant vous présenter quelques considérations reposant sur un point de vue particulier. |

Considérons une réunion de personnes appartenant à trois nationalités différentes À, B et C,

nt =

et telles que chacune ne connaisse .que Sa langue maternelle. Pour que chacune d'elles comprenne ce que dit chacune des deux autres il ne faut pas moins de trois interprètes : A-R B-C et CA: et de six traductions -

A en B B en C. C en A.

B en À, C ee & à en C

toutes une mème langue en plus de sa lasse maternelle, elles sS'entendraient sans interprète et Sans traduction : l'avantage m'est pas douteux. à

L'avantage est hien plus grand Si cs personnes appartiennent à quatre nationaktés - en reconnait que, dans ce cas, il ne faudrait pas moins de six interprètes et de douze traductions.

Ce cas nest pas rare - dans nombre de Cox grès internationaux les langues admies sont le français, l'anglais, l'allemand et Fitalien. Après une communication ou une discussion, on fait quelquefois un résumé dans une langue, mais je n'ai jamais vu quon ait fait des résumé en tro langues : il en résulte qu'il x à des assistants qui ne peuvent savoir ce qui à té dit En outre, æ résumés ne donnent quune idée incomplète du travail présenté et des observations quil er gérées. De

Quel avantage n'y auraitil pas si toutes =.

communications étaient faites, Si toutes Îles oixservations étaient présentées dans une langue unique, comprise par tous!

Des observations tout analogues peuvent être faites pour la publication des livres, revues, jow-

naux dont la diffusion est limitée presque absolument à leur pays d'origine, s’il n'en est pas fait de traduction ; en tout cas, le nombre des pays où il se répandront sera égal au nombre même des traductions faites. Ils seraient connus partout, s'ils avaient été traduits une seule fois dans une langue auxiliaire internationale comprise par tout le monde, ou, plus simplement encore, s'ils avaient été écrits originairement dans cette langue.

Ces avantages incontestables se présentent toutes les fois que ce n’est pas la forme qui doit être appréciée, mais le fond même des questions, et c'est le cas précisément des travaux qui intéressent le monde médical.

EnPce) quimtouchenle, deuxième-Point,, ;Jemne m'arrêterai pas à reproduire les arguments maintes fois donnés, montrant que cette langue commune ne saurait être ni une langue nationale, ni une langue morte telle que le latin : ce doit donc être une langue artificielle.

I1 n'y a pas davantage à se demander si cette langue peut être créée, puisqu'elle existe : c'est l’Esperanto.

Après une étude sérieuse, j'ai la conviction que l’Esperanto possède toutes les qualités que l'on peut, que l’on doit rechercher pour une langue auxiliaire internationale. Il s’apprend facilement, car sa grammaire est très simple : la formation des mots repose sur un nombre limité de racines et présente une grande souplesse qui permet d'exprimer toutes les idées et qui, en particulier, s'adapte facilement et clairement à l’énonciation des idées scientifiques ; l'expérience en est largement

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