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LA RUSSIE ET LES RUSSES

PAR N. TOURGUENIEF

{Tome 7", page 104.)

... Ce sont les femmes surtout qui, dans cette circonstance comme toujours, ont agi le plus éloquemment.

Une d'entre elles, belle et accomplie, appartenant à une famille illustre, et nouvellement mariée à un des condamnés, N. M. (je crois Nicolas Mouravief), n'hésita pas un moment à le suivre en Sibérie, où son propre frère fut aussi envoyé. Là, elle donca le jour à un enfant.

La rigueur du climat, dans l'endroit où elle se trouvait, était très défavorable à cette pauvre créature et à la mère elle-même.

Pendant longtemps on sollicita pour cette famille la faveur d'être envoyée ailleurs, même dans cette affreuse Sibérie ; ce fut toujours en vain. — La mort vint mettre un terme aux souffrances de cette femme héroïque.

Une autre, la jeune et riche épouse du prince Tr... (je pense Troubetzkoï), au moment où l'arrêt qui condamnait son mari lui fut connu, déclara qu'elle le suivrait, et accomplit sa résolution, malgré l'opposition de ses parents, qui n'étaient que des courtisans.

Un jeune Français, qui se trouvait attaché comme secrétaire particulier au comte L... (peut-être Laval), père de M"^ Tr..., pensant aux difficultés qu'aurait poiu: elle un pareil voyage, l'accompagna également

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