‹ uvre poétiqueChapitre 6 sur 54 · moïse · texte numérisé non relu

moïse

Ma main laisse reftroi sur la main qu'elle touche, L'orage est dans ma voix, l'éclair est sur ma bouche ; Aussi, loin de m 'aimer, voilà qu'ils tremblent tous. Et, quand j'ouvre les bras, on tombe à mes genoux. O Seigneur ! j'ai vécu puissant et solitaire. Laissez-moi m 'endormir du sommeil de la terre ! »

Or le peuple attendait, et, craignant son courroux. Priait sans regarder le mont du Dieu jaloux ; Car, s'il levait les yeux, les flancs noirs du nuage Roulaient et redoublaient les foudres de l'orage. Et le feu des éclairs, aveuglant les regards. Enchaînait tous les fronts courbés de toutes parts. Bientôt le haut du mont reparut sans Moïse. — Il fut pleuré. — Marchant vers la terre promise, Josué s'avançait pensif, et pâlissant.

Car il était déjà l'élu du Tout-Puissant.

Écrit en 1822.

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