ACTE II, SCÈNE VIII. igS
Vers elle je suis envoyé.
l’abbé.
Felton croit-il n’avoir affaire qu’à des femmes Il s’est tant soit peu fourvoyé.
Considère bien qui nous sommes ;
Puis rejoins ton maître, et dis-lui Qu’en ce château-fort, aujourd’hui.
Il pourrait bien trouver des hommes.
LE HÉRAUT
Avec votre permission ,
Souffrez qu’avant tout je vous somme De vous rendre à discrétion.
Sur l’heure... Ou bien vous verrez comme...
DU GUESCLIN
Ne me connais-tu pas?
LE HÉRAUT
Qui ? vous ?
DU GUESCLIN
Moi.
LE HÉRAUT
Non, vraiment.
DU GUESCLIN
J’en conclus que peu fréquemment Tu vas sur le champ de bataille.
LE HÉRAUT
Tout héraut est sacré ; malheur à qui s’en raille !
DU GUESCLIN
Je ne raille pas.
ig4 LA RANÇON DE DU GUESCLIN.
LE HÉRAUT
Franchement ?...
Or donc, les clefs sans plus attendre.
DU GUESCLIR.
Des autres, à ton tour, prétends-tu te moquer?
Celui qui veut nos clefs n’a qu’à venir les prendre.
LE HÉRAUT
Songez qu’on va vous attaquer.
DU GUESCLIN
Apprends qu’on saura se défendre.
A la frayeur, l’ami, je ne suis pas enclin.
Felton ne m’inquiète guère :
Va lui porter mon cri de guerre,
C’est : Notre Dame du Guesclin.
LE HÉRAUTj étonné.
Du Guesclin !... pardonnez.
DU GUESCLIN
Va , va , je te pardonne.
Et prends pour rien , crois-moi , tout ce que tu m’as dit. (A an homme de sa suite.)
Reconduisez cet homme; allez, et qu’on lui donne
(Sa femme lui fait des signes, il sercprciK-
Cent florins... Mon plus hel habit bigot.
Il en vaut quatre cents...
DU GUESCLIN
Silence !
Va. (Le héraut salue et se rclirr. )