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SCENE I

DENYS, PITHIAS, gardes, peuple.

CHŒUR

Ami digne d’un meilleur sort.

Hélas ! ton ami t’abandonne.

L’instant expire; l’heure sonne:

Voilà le signal de ta mort!

PITHIAS

A ma tendresse impatiente Abrège ces instants de douleur et d’ennui; Préviens Damon, heure trop lente.

Sois plus rapide encor que lui.

Que mon sang coule et satisfasse Pour un ami que je crains de revoir.

Vainement aurai-je eu l’espoir De le sauver en mourant à sa place ?

DAMON ET PITHIAS

A ta vengeance il faut du sangl Ecoute sans pitié lafurelir qui t’anime,

Denys; mais souviens-toi que tu fis le serment De n’immoler qu’une victime.

DENYS

Je le tiendrai; l’honneur m’en est garant:

Damon vivra ; mais c’est là son supplice.

Damon, par un lâche artifice,

A pu se soustraire à la mort :

Mais s’il échappe à ma justice , Échappera-t-il au remord?

Soit qu’il te trahisse ou qu’il t’aime,

Son forfait est plus que puni :

Immoler son meilleur ami ,

C’est plus que l’immoler lui-même.

( On entend le signal donné pour le sopplice de Pithias. ) DENTS ET PITHIA 8.

Frappez, bourreaux; que tardez-vous?

LE CHŒUR

Arrêtez! suspendez vos coups.

DENYS

Frappez, bourreaux; qu’on m’obéisse.

LE CHŒUR

Suspends l’effet de ta justice.

PITHIAS

Frappez, bourreaux; que tardez-vous?

LE CHŒUR

Retardez encor son supplice.

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