PREMIÈRE PARTIE
AVERTISSEMENT
Les premières pièces qu’on va lire ont été composées à l’occasion d’évènements accomplis en France pendant les vingt premières années du règne de sa majesté. Les auteurs de la Biographie des hommes vivants ayant fait mention de ces pièces , l’auteur a cru devoir les réimprimer.
Il pense, ainsi qu’il l’a dit ailleurs, que l’on n’y trouvera rien qu’un honnête homme ne puisse avouer. Les illusions qu’elles rappellent ont été celles de la nation : il n’y exprime enfin aucun sentiment qui ne se retrouve dans les divers poëmes composés, pour les mêmes circonstances, par les poètes du temps, et notamment par M. Michaud, depuis lecteur du roi.
On peut consulter, pour s’en assurer, le recueil intitulé L’Hymen et la Naissance , titre sous lequel on a réuni les pièces les plus remarquables auxquelles le mariage de Marie- Louise d’Autriche et la naissance de Napoléon-François, son fils, aient donné lieu.
366 AVERTISSEMENT
En tête du recueil dédié à ce jeune prince se trouvent les vers suivants , de M. Arnault :
Le jour ou, couronné de roses ,
Le printemps, vainqaenr des hivers,
Couvrit de ses trésors divers La pourpre auguste où tu reposes ;
Les Muses , quittant les bosquets Connus de Virgile et d^Horace ,
T’oflrirent aussi leurs bouquets,
Tribut des enfants du Parnasse.
Réunis en un seul faisceau ,
Notre amour les fait reparaître;
Des fleurs qu’en naissant tu fis naître Permets-lui d’orner ton berceau.
CANTATE
Exécatée an palais des Taileries , le jour de la célébration du mariage de S. M. l’emperear Napoléon et de S. A. I. et R. rarcbidnchesse Marie-Louise.
UUSIQUX DE K. MÉBCL.
LES FEMMES
O doux printemps , descends des cieux Dans tout l’éclat de ta parure !
Consolateur de la nature,
Viens ajouter encore aux charmes de ces lieux ; Parfume ces bosquets ; et sous nos pas joyeux Déroule tes tapis de fleurs et de verdure.
LES HOMMES
Ne crains pas aujourd’hui d’exaucer nos désirs.
, Ce n’est plus la voix de Bellone Qui te presse à grands cris d’abréger ses loisirs : Ce clairon qui sonne,
Ce bronze qui tonne.
C’est le signal des jeux, c’est la voix des plaisirs.
LES FEMMES
Mars soupire et cède la terre Au seul dieu que la paix ne puisse désarmer.
Sous un ciel plus serein , vois tout se ranimer. Tout s’attendrir, tout s’enflammer.
Sur le chêne, sous la bruyère;
Vois, cédant au besoin d’aimer.
L’aigle altière elle-même oublier son tonnerre.
LES HOMME s.
Mêlés aux citoyens , vois ces nombreux guerriers , Sous des myrtes nouveaux cachant leurs vieux lauriers , Pour la première fois oublier les conquêtes;
Vois le Français, vois le Germain ,
Se tendre noblement la main ,
Et s’inviter aux mêmes fêtes.