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L’HIVER

Déjà des limpides fontaines Le pur cristal s’est obscurci;

VAUDEVILLES ET COUPLETS. 427 Zéphyr abandonne nos plaines ,

Nice les abandonne aussi.

Adieu, vallons! adieu, bocage!

La feuille commence à jaunir :

Plus de bergère et plus d’ombrage :

L’hiver, je le sens, va venir.

Des vents qui portent la froidure Je sens le souffle destructeur;

L’amour s’enfuit de la nature.

Presque aussi triste que mon cœur.

Environné d’ombres funèbres.

Long-temps même après mon réveil ,

Je vois bien pâlir les ténèbres.

Mais je ne vois plus le soleil.

O soleil ! sans ta vive flamme

Pour nos climats plus de beaux jours ;

Et plus de bonheur pour mon âme Loin de l’objet de ses amours.

Mais un jour tu dois reparaître.

Et Nice... O regrets superflus !

L’imivers va bientôt renaître.

Et moi je ne renaîtrai plus !

ROMANCES, CHANSONS

COUPLETS

POÜR LA FETE DE MADAME d’e SP R É M E N I L

Avaot que de quitter la table Je réclame l’ordre du jour;

Sur la question préalable Je veux disserter à mon tour.

Il s’agit de chanter Fanchette.

Pour s’en acquitter dignement Que le cœur soit notre interprète,

Et l’Amour notre président.

N’allons pas en vaines querelles Abuser d’un temps précieux :

Si nous voulons des lois nouvelles , Recevons-les de deux beaux yeux.

Le dieu dont nous suivons l’empire Ordonne bien l’égalité;

11 permet bien que l’on soupire,

Mais non pas pour la liberté.

Nous offrons tous le même hommage A la même divinité.

Et le seul vœu qui nous engage Est celui de fidélité.

Maint prélat, qu’ailleurs inquiète Le serment qu’il lui faut prêter,

S’il était auprès de Fanchette En ferait un sans s’en douter.

A M. d’eSPRÉMENIL.

Toi , qui contre la tyrannie Elevas de tous temps la voix,

Toi, qui défendis la patrie Ainsi que tu défends tes rois ,

Avant que l’équitable histoire T’offre un prix digne de ton cœur.

Si tu veux connaître ta gloire Mesure-la sur ton bonheur.

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