A FRANÇOISE
A. I R : Femmes , voalez-vous éprouver.
Ou la légende est en défaut ,
Ou, le pape me le pardonne,
A trop bon compte on a là haut Donné place à votre patronne.
Qu’a-t-elle fait pour le salut Qui la sorte un peu du vulgaire ?
Au ciel ainsi qu’à l’Institut Peut-on donc entrer sans rien faire?
Toute sainte n’eut pas ce tort.
Pour obtenir l’apothéose , Madelaine, j’en suis d accord,
Par exemple, a fait quelque chose:
VAUDEVILLES ET COUPLETS. 435 Aussi Jésus, peu rigoureux,
Dit-il en la voyant paraître :
Qu elle entre ; elle a fait trop d’heureux Pour n’avoir pas le droit de l’ètre.
Si l’on en croit les saints écrits.
Envers les talents de Cécile L’hôte des célestes lambris Ne s’est pas montré moins facile.
Vos accents, dit-il, sont bien doux^
Votre voix pare la louange.
Et l’on doit chanter comme vous Si l’on veut chanter comme un ange.
A ces droits-là je suis fâché Que vous n’ayez pas la prudence D’unir ceux du joli péché Dont Madelaine eut repentance ;
Mais vous avez bien mérité Qu’on vous garde au ciel une place ,
Si le défaut de charité Se rachète à force de grâce.
Réprimez pourtant le désir De voir, par des douceurs pareilles ,
Jésus vous payer le plaisir Que vous ferez à ses oreilles.
Vos jours , par les amours ourdis,
436 ROMANCES, CHANSONS, Ne sont-ils pas autant de fêtes?
Et s’il existe un paradis
N’est-il pas aux lieux où vous êtes?
COUPLETS
CHANTÉS DANS UNE RÉUNION d’amIS, LE JOUR DE MA FETE, LE 17 JANVIER I 8 I I .
Air : La bonlangère.
Ma femme , encor du champenois ;
Il est plus gai que traître.
Verse : pour la première fois Je prétends être maître Chez moi;
Je prétends être maître.
Il réchauffe le cœur, je crois,
Plus encor que la tête.
Qu’on en boive autant que j’en bois:
Car c’est aujourd’hui fête Chez moi;
Car c’est aujourd’hui fête.
Onze jours juste après les Rois C’est la fête d’un moine.
Dont j’exerce ici tous les droits j Car on m’appelle Antoine Chez moi;
Car on m’appelle Antoine.
D’ailleurs du patron quelquefois Je suis fort disparate :
Il quitta la chair pour les pois;
Moi, chaque jour j’en tâte Chez moi;
Moi, chaque jour j’en tâte.
Ce précurseur de saint François Prodiguait l’eau bénite :
Je n’en donne ni n’en reçois ;
Aussi le diable habite Chez moi;
Chez moi le diable habite.
Et vous voyez que le sournois ,
Pour me donner le change,
Prend et l’esprit et le minois Et la douceur d’un ange Chez moi,
Et la douceur d’un ange.
Antoine au ciel entra de droit :
Y dois-je entrer de même ?
438 ROMANCES, CHANSONS, N’y suis-je pas dans cet endroit ,
Où j'ai tout ce que j’aime Avec moi?
Où j’ai tout ce que j’aime?
Un seul ami fixa son choix.
Si j’en crois la légende :
Bien plus heureux quand je vous vois, J’en possède une bande Chez moi;
J’en possède une bande
COUPLETS
CHANTÉS EN FAMILLE, LE I 7 JANVIER 1 8 I 6 , POUR MA FETE, AU VAL, OU j’étais EXILÉ, EN ATTENDANT MIEUX.
Air : Accompagne de plusieurs autres.
J’ai vu qu’on voulait m’attraper;
Mais, loin de vouloir m’échapper.
Aidant à votre stratagème ,
Devant mes yeux j’ai mis la main ,
Disant : On veut rire demain ;
, Qu’on m’attrape toujours de même !
Que vois-je ! un spectacle complet :
VAUDEVILLES ET COUPLETS. 43g
Saint- Antoine , opéra - ballet ,
Dont son ami fit le poëme !
Après cela , souper divin ;
Chère excellente , excellent vin ;
Qu’on m’attrape toujours de même !
Être enivré de ce qu’on boit ,
Être enivré de ce qu’on voit,
Etre entouré de ce qu’on aime;
Hors le vin , pas un étranger,
Et des couplets de Béranger :
Qu’on m’attrape toujours de même!
Foi d’Antoine , en dépit de ceux Qui m’ont cru rendre malheureux , le suis plus heureux qu’un roi même !
Ces barbares , dans leur courroux ,
M’ont enjoint de vivre avec vous :
Qu’on m’attrape toujours de même !
Il nous manque encor des amis :
Oh! que le ciel n’a-t-il permis Qu’ils revinssent aujourd’hui même !
J’ignore où je les reverrai;
Mais , fùt-ce en exil, je dirai.
Qu’on m’attrape toujours de même * !
ROMANCES, CHANSONS