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ACTE V, SCENE V

LOUISE

Tantôt je vous montrais un cœur plus intrépide.

Il s’agissait de peine et non pas de danger:

A mon malheur le tien n’était pas étranger j Il nous réunissait. Ah ! je te le déclare ,

Je ne vols de malheur que ce qui nous sépare.

Le reste je le puis supporter sans effort ;

Et la terre d’exil où m’appelait ton sort Épouvantait bien moins ma tendre prévoyance Que ces champs où l’honneur rappelle la vaillance.

Et pour moi désormais que de sujets d’effroi !

Tes jours non seulement sont proscrits par un roi ; Mais des fureurs de Rome, exécrable interprète ,

Un prêtre aux assassins désigne aussi ta tête !

Que devenir ? hélas ! dans tes embrassements Je n’échappe pas même à mes pressentiments,

A l’horreur qui partout me poursuit et m’oppresse. Guillaume, elle est extrême ainsi que ma tendresse. Tout l’excite. Entends-tu ce pontife inhumain ? Vois-tu le fanatisme un poignard à la main Un peuple de bourreaux à sa voix se rassemble.

Ah ! crains plus chacun d’eux que tous les rois ensemble. L’efFroyable transport dont leur cœur est rempli Par aucune pitié ne peut être affaibli ;

C’est lui qui, dans la France, un moment leur repaire , Au faîte de sa gloire assassina mon père ;

C’est lui qui , dans Anvers , contre ton propre sein A deux fois dirigé les coups de l’assassin.

loo GUILLAUME DE NASSAU.

Dans ce moment peut-être arme-t-il le barbare Qui d’une main plus sûre à frapper se prépare.

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