‹ ŒuvresChapitre 159 sur 336 · LIVRE X, CHAPITRE VI. 27 I · texte numérisé non relu

LIVRE X, CHAPITRE VI. 27 I

sance aux magistrats qu'elle enverra dans Fétat conquis.

Dans quel danger n'eût pas été la république de Carthage j si Annibal avoit pris Rome ! Que n'eût-il pas fait dans sa ville après la victoire , lui qui y causa tant de révolutions après sa défaite ' !

Hannon n'auroit jamais pu persuader au sénat de ne point envoyer de secours à Annibal s'il n'avoit fait parler que sa jalousie. Ce sénat , qu'Aris-* tote nous dit avoir été si sage (chose que la prospérité de cette république nous prouve si bien), ne pouvoit être déterminé que par des raisons sensées. Il auroit fallu être trop stupide pour ne pas voir qu'une armée , à trois cents lieues de là, faisoit des pertes nécessaires qui dévoient être réparées.

Le parti d'Hannon vouloit qu'on livrât Annibal aux Romains ^. On ne pouvoit pour lors craindre les Romains , on craignoit donc Annibal.

On ne pouvoit croire, dit-on, les succès d'Annibal : mais comment en douter ? Les Carthaginois, répandus par toute la terre, ignoroient-ils ce qui se passoit en Italie ? C'est parce qu'ils ne Fignoroient pas qu'on ne vouloit pas envoyer de secours à Annibal.

' Il étoit à la tète d'une faction.

* Hannon vouloit livrer Annibal aux Romain», comme Gaton vouloit ^*on livrât César aux Gaulois.

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