LIVRE Xj CJÉULPITRE IX. fi^S
Une -république dltalie teooit: des insulaires sous son obéissance : mais son droit politique et civil à leur égard étoit vicieux. On se souvient de cet acte^ d'amnistie qui porte qu'on ne les Condamneroitplusii dl^s peines afflictivés sur la conscience.infbrmée du gouverneur. On a vU souvent des peuples demander des -privilèges : ici le souverain accorde le droit de foutes les nations.
CHAHtRE IX^
D'une monarchie qui con<juiert autour d'elle.
Si une monarchie peut agir long-temps avant que l'agrandiséement l'ait afroibUe> elle deviendra redoutable , et sa force durera tout; autant qu'elle sera pressée par les monarchies voisines.
Elle ne doit donc conquérir que j^jendant qu'elle reste dans les limites naturelles à son gouvernement. La prudence veut qu'elle s'arrête sitôt qu'elle passe ces limités.
Il faut y dans cette sorte de ^conquête, laisser les
choses comme |in les a trouvées ; les mêmes tri-
* Da z8 dfctôbre 1788, imprimé à G^nes, chez Franchèlli. Vieta* moalnostro general-gOTernatore in detta isola di condanare in ây- ▼enirë solamente ex infonnata conscientia persona alcuna nazionale in pena afHitÛTa. Potrà ben'si far airestarc ed incarcerare le peraone che gli saranno sospette ; salyo di rendeme poi a noi solleci* lamente.... Art. vi.
nm l'bsprit dbs lois. t. i. 18
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biijaauxy les mêmes lois, les 'mêmes coutumes, les mêmes privilèges; rien ne doit être changé que Tarmée et le nom du souverain- ~
Lorsque la monarchie a étendu ses limites par la conquête de quelques province^ voii^ifses, il faut qu'elle les traite avec une grand^ douceur.
Dans une monarchie qui a travaillé long-temps à conquérir, les provinces de son ancien domaine seront ordinairement très foulées. Elles ont à souffrir les nouveaux abus et lesvânciens, et souvent . une vaste capitale qui engloutit tout les à dépeuplées. Or, si après avoir conquis autour de ce domaine on traitoit les peuples vaincus comme on fait ses anciens sujets^ l'état séroît perdu ^ ce que les provinces, conquises envefroient de tributs à la capitale ne leur reviendroit plus ; les frontières seroient ruinées, et par conséquent plus foibles; les peuples eii^ seroient mal affectionnés, la subsistance des armées qui doivent y rester et agir se* roit plus précaire. V
Tel est rétat tiécessaire d'une monarchie conquérante, un luxe affreux daiis la capitale, la miser^ dans les provpcès qui s'en éloignent, fshon' dance^ aux extrémités. Il en est comma de notre planète,' le feu est au centrl&, la verdure. à la surface, une terre aride, froide et stérile entre les deux.
UVRK X, CHAPItRES X ET XI. 1^5