‹ ŒuvresChapitre 188 sur 336 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

De la puissance législative daûs la république romaine.

On n'avoit point de droit à se disputer. sous les décemvirs^ mais, quand la liberté revint, on vit les jalousies renaître : tant .qu'il resta quelques privilèges aui; patriciens , les plébéiens les leur otèrent. ' ^

11 y aiiroit eu peu de mal si les plébéiens s'étoient contentés! de priver les patriciens de leurs prérogatives , et s'ils ne les avoient pas offensés dans leur qualité même de citoyens. Lorsque le

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peuple étoit assemblé par curies ou par centuries, il étoit compose de sénateurs^ àfi patriciens , et de plébéiens. Dans les: disputes, les plébéiens ga^^ rent. ce point < , que' seuls, sans lès patrici^s et sans le sénat , ils pourroient &ire de& lois qu'on appda plébiscites; et les comices on <m I^sfit s'ap^' pelèrent comices par tribus. Ainsi il y eut des cas où les. patriciens ^ n'eurent poiiit de pm à la ptiis^ saiioe législative ^, où ils lurent soumis j^iâ puisf sance législative d'un autre corps de l'état; œ fut unf déliré^de la liberté. Lé peuple, pour étcfbiir^ la démocratie^ choqua les jpriùdpes oièmes de 'la démocratie. Il seoibloit qu'une pùissanioe aussi exorbitante adroit dû anéantir raiitorité du sénat: mais Rome avdit des institutions admirabies; EA« en avoit deux surtout : par Tune ,^. la puissance législative du peuple étoit réglée; par l'autfe, elle étoit bornée. ■ ' ^

Les censeurs , et avant aux les consuls -A , for-

> Deny« d'Halîcarnasse , Uy. is, pag. 735.

* Par les lois sacrées , Jes plébéiens purent faire des pléhiscites ^ seuls f et sans que les patriciens fassent admis- dans leur assemblée. Denys d'HaUcamaa^e , lir. ti » pag. 4 1 o 4 et Ut. tii » pug. iio.

^ Par la loi faite après r^xpulsion des décemyirsy les patrickini furent soumis aux plébiscites , quoiqu*ils n'eussent pu y donner leur Toix. Tite-Lire, liv. m; et Denys dUalicamasse, liv. xi,:pag..7a5: Et cette loi fut confirmée par cdle de Publius Pbilo, dictateur^ Tan de Rome 4i6. Tite-Liye, liv. yiii.

4 L'an 3is de Rome , les consuls faisoient encore le oeos, Comme il paroit p«ir Denys d'Halicarnasse , Uy. xi. '

33o DB l'sSPRIT DBS LOIS.

moientet créoient, pour ainsi dire, tous les cinq ans le corps du peuple.; ils exerçoient là législation sur le corps même qui avoit la puissance législative^ « Tibérius Graechus , censeur, dit Cicé- « ron y transféra les affranchis dans les tribus de « la ville ^ non par là force de. son éloquence, « niais par une parole et par un geste; et, s'il « ne l'eut pas ùàt, cette république, qu'aujour- « d'kui 'nous soutenons à peine, nous ne l'auridns

m plus. »'

D'un autre côté le séoat avoit le pouvoir d'ôtdr, pour^insi dire, la république des mains du peuple par la création d'un dictateur, devai^t lequel le souverain baissoit la téte> et les lois les plus populaires réstoient ds^is le silence ' .v

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