‹ ŒuvresChapitre 208 sur 336 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

De lii mauvaise applicatron dii nom de crime dé sacrilège

et de lèse-majeété.

Cest encore un violent abus de docker le nom de crime de lèse-majesté à une action qui ne l'est pas. Une loi des empereurs *' poursuivoit comme sacrilèges ceux qui metjtoient en question le Jugement du prince y et doutoient du mérite de ceux qu'il avpit choisis pour quelque emploi ' : ce furent bien le cabinet et les favoris qui établirent

* -Lettres du p. Pàrennin , àta^leêLetitet 'id^nîes\

* Gratieo , Valenûiïieii et Théodose. Cest l^t troiaièin<s au Code iie crim.^tmcril,

^ Sacrilegii îastar est dobitare an is digiius sit quem elegerit imperator. Ihid, Cette loi a servi dé modèle à celle de Bnger , daiis les eonfiiitutions de Naples, tit. iv.

36a DE l'£SP£IT DfS LOIS.

ce crime. Une autre loi a voit déclaré que ceuit qui at.tentent coutre les ministres et les ofi&ciors du prince sont criminels de lèse* majesté comme s'ils attentoient contre le prince même ^. Nous devons cette loi à deux princes * dont la foiblesse est célèbre dans l'histoire; deux princes qui fureht menés par leurs ministres comme les troupeaux sont conduits par les pasteurs; deux princes, esclaves dans le palais^ çn&nts dans le conseil, étrangers aux armées , qui ne conservèrent l'empire que parce qu'ils le donnèrent tous les jours. Quelques uns de ces Êivoris conspirèrent contre leurs empereur^. Us firent plus, ils conspirèrent contre l'empire ; ils y appelèrent les Barbares; et, quand on voulut les £^rréter, l'état étoit si foibie qu'il fallut violer leur loi , et s'exposer au crime de lèse-majesté pour les punir.

C'est pourtant sur cette loi que se fondoit le rapporteur de M. de Cinq-3Iars ^, lorsque , voulant prouver qu'il étoit coupable du qrime de lèsemàje^té pour avoir voiilù chasser le cardinal de Richelieu des affaires, il dit a Le crime qui touche <c la personne dès ministres des princes est réputé, ' « pal* les constitulioiis de^ empereurs , de pareil « poids que celui qui touche leur personttp. T'

> La loi cûiquiëmey ad leg. JmL maj. cod. » , <tit/viif. >

' Arcadiiit et Hoacniiis.

^ Mémoires de Montresor, tom. t.

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