CHAPITRE X
Des lois qui ont rapport à la sobriété des peuples.
Dans les pays chauds , la partie aqueuse du sang se dissipe beaucoup par la transpiration ^ ; il y &ut donc substituer un liquide pareil. L'eau y est d'un usage admirable : les liqueurs fortes y coaguleroient les globules ' du sang qui restent après la dissipation de la partie aqueuse.
Dans les pays froids, la partie aqueuse du sang s'exhale peu par la transpiration ; elle reste en grande abondance. On y peut donc user de liqueurs spiritueuses sans que le sang se coagule. On y est plein d'humeurs; les liqueurs fortes, qui donnent du mouvement au sang, y peuvent être convenables.
La loi de Mahomet^ qui défend de boire du vin, est doQC une loi du climat d'At*abie : aussi avant Mahomet l'eau étoit-elle la boisson commune des Arabes. La loi ^ qui défendoit aux Carthaginois
* M. Bemier y faisant mi royage de Lalior à Cachemire» écrÎToit : » Mon corps est an crible; à peine ai-je aTalé une pinte 'd'cav « que je. la rois sortir comme une rosée de tous mes membres jus- « qu'au bout des doigts; j'en bois dix pintes par jour, et cela ne « me fait point de mal. • Voyage de Bemier, tom. ii , pag. a6T.
> n y a dans le sang des globules rouges , des parties fibreuses des globules blancs , et de l'eau dans laquelle nage tout cela.
3 Platon f Uy. II , des Lois. Aristote , Du soin des affaires domestiques, Eusèbe, Prep. évang.^ Uv. xii» chap. xvii.
de boire du ym ètoit aussi une loi àix dluiat; efifec^ tivemeilt le climat de ces doux pays e^t^à peu ]^rès le même.- ' •,. ''^"•- :■•• ^ ^'t •*•.'..•
Une parefllle loi né seroit fis^ bonne dans les
pays froids ctu le ctiïnat semble' forcer, i^ une ceiv taine ivrognerie de nation ^ bien (UfSérente de celle de la personne/ L'ivrognerie se trouve étabfiiè par toute la terre dans la proportion de la. froideur et de rhumidité du dimàt. Passiez de )'^quatéur jus^ qu^à notre pôle/ Yom y verrez Llvrognerie imgmenter avec les degrés de làtjïudè. Passez du mémeiéquateur au pôle opposé, vou^ y i^ouvere^ Tivrè* guérie aUer vers le midi' comme deee côté^eUe avoit été vers le- nord*. ,- .: '
H est naturel que là où le vin est contraire aii climat j et par feonséqtient à la santé , l'eséès en sptf plus sévèrement puni que dans les pays où l'ivrognerie a peu de mauvais efïets pour la personne, où elle en a peu pour, là société^ où elle ne rend point les hommes furieux , lïiais seûleoi^ent stii-* pides. Ainsi les lois ^ qui ont puni un homme ivre 9 et pour la faute qu'il faisbit, et pour l'ivresse^ n'étoient applicables q|i'à l'ivrognerie de la.pei^ sonne y et non à l'ivrognerie de la tiation^ ]C[|i
■ Gela se roit dans les Hottentots è( les pen]>les dé la poiM«|Ai Chilyquisontplusprèsdusud. ., , .4 . /,- |
* Gomme fit Pittacus, selon Aristote, PoUt., Mr. zi, chap. m. Il ▼iToit dans un climat on Hyro^erie n*est pas un vioe
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Djuis les pays chauds le retàchement dçs fibres pi^duUt qxie. grande transpiratipn. de& liquides : maïs les narti^ sèjides s^ çli^ipent moins. Les fibres> qui n'ont qu'utie action ' très ifoibie ^t peu 4ê rassçFt^ ne s'usentguère ; il taut peu de suc nourricier pour les. réparer.: on;3r^niange donc très peu... ' \ '•]'•[
r Ce sont tes.dtfférrats besoins dans l^s différents «^dins^ts laui ont formé Ite dififéreptes manières de ^Trè ; et cel difiéreRtes manières tle vivre ont f^râié les^diversès. si^rtes de lo£^. Que dans une nation les hbipmes.se communiquent beaucoup , fl/£siulr de certaines Ipjâ ; il en &ttt dlautres cbei; un peuple CMiiVm.^ m. cômmunùiue point.