‹ ŒuvresChapitre 291 sur 336 · LIVRE XV, CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XV, CHAPITRE XII

La raison veut que le pouvoir du maître ne s'étende point au delà des choses qui sont de son service ; il faut que l'esclavage soit pour l'utilité , et non pas pour la volupté. Les lois de la pudicité sont du droit naturel , et doivent être senties par toutes les nations du monde.

Que si la loi qui conserve ta pudicité des esclaves est bonne dans les états où le pouvoir sans bornes se joue de tout , combien le sera-t-elle dans les monarchies! combien le sera-t-elle dans les états républicains !

Il y a une disposition de la loi ' des Lombards, (|ui paroît bonne pour tous les gouvernements. <( Si un maître débauche la femme de son esclave, « ceux-ci seront tous deux libres. » Tempérament admirable pour prévenir et arrêter sans trop de rigueur l'incontinence des maîtres.

Je ne vois pas que les Romains aient eu à cet égard nûe bonne police. Ils lâchèrent la bride à l'incontinence des maîtres; ils privèrent même en quelque façon leurs esclaves du droit des mariages. C'étoit la partie de la nation la plus vile, mais quelque vile qu'elle fût, il étoît bon qu'elle eut des mœurs : et de plus , en lui ôtant les mariages, on corrompoit ceux des citoyens.

■ Liv. I , lit. XXXII, S 5.

46o DE l'esprit des lois.

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