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CHAPITRE XIV

Des esclaves armés.

Il est moins dangereux dans la monarchie d'armer les esclaves que dans les républiques. Là, un peuple guerrier, un corps de noblesse, contiendront assez ces esclaves armés. Dans la république, des hommes uniquement citoyens ne pourront guère contenir des gens qui , ayant les armes à la main , se trouveront égaux aux citoyens.

Les Goths qui conquirent l'Espagne se répandirent dans le pays, et bientôt se trouvèrent très foibles. Ils firent trois règlements considérables :ils abolirent Tancienne coutume qui leur défendoit de s'allier * par mariage avec les Romains : ils établirent que tous les affranchis ^ du fisc iroient à la guerre, sous peine d'être réduits eii servi-

' La réyolte des Mammelus étoit un cas particulier : c*étoît un corps de milice qui usurpa l'empire.

* Loi des Fisigoihs^ Ut. m, tit. i» § x. 3 Jbid, f liy. y, tit Tix » $ ao.

46a DE l'esprit des lois.

tude : ils ordonnèrent que chaque Goth mène* roit à la guerre et armeroit la dixième ' partie de ses esclaves. Ce nombre étoit peu considérable en comparaison de ceux qui restoient. De plus, ces esclaves , menés à la guerre par leur maître , ne faisoient pas un corps séparé; ils étoient dans l'armée^ et restoient pour ainsi dire dans la famille.

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