LIITRE XV, CHAPITRE XVI
là même à qui spn maître aurôît ordonné ^ de le txier, et qui lui auroit obéi , auroit été coupable , celui qui ne l'auroit point empêché de se tuer luimême auroit été puni ^. Si un maître avoit été tué dans un voyage/ on faisoit inourir ^ teux qui étoient restés avec lui , et ceux qui s'étoient enfuis. Toutes ces lois avoient lieu contre <;eux même dont l'innocence étoit prouvée ; elles avoient poui* objet de donner aux esclaves pour leur maître un respect prodigieux. Elles n'étolent pas dépendantes à^ gouvernement civil , mais d'un vice ou d'une imperfection du gouvernement civil. Elles ne déri* voient point de l'équité des lois civiles , puisqu'elles étoient contraires aux principes des lois civiles. Elles étoient proprement fondées sur le principe de la guerre, à cela près que c'étoit dans le sein de l'état qu'étoient les ennemis. Le sénatus-consulte Sillanien dérivoit du droit des gens, qui veut qu'une société, même imparfaite , se conserve.
C'est un malheur du gouvernement lorsqipb la magistrature se voit contrainte de faire ainsi des lois cruelles. C'est parce qu'on a rendu L'obéissance difficile, que l'on est obligé d'aggraver la peinte de la désobéissance ou de soupçonner la
* Qnànld Antoine commanda à Ëros de le tàer, ce n^^étoit ppint Ini command.êr'/de:le taer, mais de se tuer kii-méme; puisque , s'il lui euto.VéÎ!;, il. auroit été puni comme meurtrier de son^ maître. >
* Le§'.ri;;\§ a^iy îfi de sénat, consult, Stlian, '• Lc^. I , S 3i y ff. tbid. , lib. xxix , tit. v.
DB L*ESPAIT DBS LOIS. T. I. 3o
466 i>E l'esprit des IX)».
fidélité.Ua législateur prudent prévient le nïaUieur de devemr un législateiip* terrible. C'est parce que les esclaves ne purent avoir cliee le& Romains de confiance dans la loi, que la loi ne put avoir de confiance en eux.