LOBES DU TESTICULE
Les conduits séminifères sont disposés en lobes nombreux , qui sont contenus dans la tunique albuginée. Ces lobes sont pyriformes , leur queue ou sommet est tournée vers le bord supérieur et postérieur du testicule , et leur base vers les parties antérieures et latérales de la tunique albuginée. Ces lobes reçoivent des cordons ou ligamens suspenseurs provenant du mediastitium testis, dont les prolongemens se répandent sur les lobes , et en rencontrent d'autres qui tirent leur origine du bord antérieur et des parties latérales du testicule.
Ainsi , les lobes sont suspendus entre des ligamens et des membranes qui les maintiennent dans leur situation, de manière à ce qu'ils ne puissent être déplacés ; car si la substance tubuleuse avait étii suspendue d'une manière lilche dans la tunique albuginée, les lobes auraient été exposés à des dérangemens continuels, par l'effet des secousses , et les violences extérieures auraient eu prise sur ciiacun d'eux isolément.
TUBES SEMINIFERES.
La cavité formée par la tunique albuginée est , en grande partie, remplie par les conduits séminifères qui , comme je l'ai déjà dit , ne flottent pas lâchement dans cette cavité , mais sont divisés en plusieurs ordres de lobes : 1° en lobes principaux qui sont enveloppés de membranes, et sont en rapport avec les ligamens et les prolongemens les plus larges du testicule, et 2° en une inûnité de lobule» dont chacun est contenu dans une membrane.
Les lobes piincipaux sont composés d'un grand nombre de tubes pelotonnés ensemble. Les lobules sont formés par un sent tube , et quelquefois par deux. Les premiers sont pyriformes, leur sommet est attaché au rete, leur base à la surface interne de la tunique albuginée. Ils sont situés dans l'intervalle que laissent entre eux les plus forts piliers ligamenteux dans leur trajet dumédiastin à; la surface
interne delà tunique albuginée, et les prolongemens de la membrane vasculeuse, par laquelle ils sont enveloppés , passent d'un ligament à l'autre. Les lobules sont aussi enveloppés dans des prolongemens de la membrane vasculeuse, et soutenus par des ligamens et des vaisseaux déliés.
Chaque tube commence à l'un des canaux qui forment le rete ; puis , passant à travers une petite ouverture dumédiastin, il décrit des circonvolutions multipliées, et forme un corps conique ou pyriforme, dont la base est tournée vers la surface interne de la tunique albuginée , et dont les circonvolutions sont disposées presqu' a angle droit par rapport à l'axe longitudinal du tube. Chaque tube peut être déroulé , et alors on voit que c'est un vaisseau long , simple , flexueux, et dont les circonvolutions sont disposées presque en lignes
414 ANAÎOMIE DU TESTICULE.
parallèles, et presque perpendiculairement au yen le médiastln , elles se divisent en deux
grand a^e du lobe. " branches qui se retournent de chaque côté
La cavité de la tunique albuginée est rem- vers le bord antérieur , et répandent dans la
plie par ces tubes , agglomérés en lobes et en membrane un grand nombre de ramifications,
lobules > et supportés par les ligamens du mé- Les lobules reçoivent un petit vaisseau à cha-
diastin. Les vaisseaux sanguins se distribuent que extrémité.
aux lobes de la manière suivante : 1° l'artère Les principales branches des veines sperma-
spermstique passe, en formant de grosses tiques pénètrent dans le testicule , d'une ma-
branches , sur le bord supérieur du testicule ; nière différente de celle des artères. Quelques-
celles-ci se continuent entre les deux lames de unes passent de chaque côté , sur la surfacç
la tunique albuginée, et se répandent sur la des lobes; mais la plupart descendent sur le
lame interne vers le bord antérieur et infé- médiastin, et se continuent sur les ligamens
rieur du teslicule. Là, elles foiment une anas- du testicule , entre les lobes principaux, jus-
tomose par arcade, d'où partent des ramifica- qu'au bord antérieur, où elles se retournent
tiens qui vont en haut et en arrière se perdre pour se distribuer aux extrémités de ces lobes,
dans les portions de membrane qui recou- Qn rencontre aussi quelques veinules qui pé-
vrent les lobes de la substance tubuleuse. nètrent jusqu'au bord antérieur, etquiseâis°>
Quand elles ont atteint les deux tiers du trajet tribuent aux extrémités des lobes.
RÉSEAU SÉMINIFÈRE (rETE).
Par le mot rete , on entend un ordre de canaux, qui reçoivent delà substance tubuleuse le produit de la sécrétion spermatique. Il importe que l'on comprenne bien que ces canaux ne sont pas placés dans la cavité de la tunique albuginée, comme les tubes, mais qu'ils sont situés entre les lames de celte même tunique, dans la substance que j'appelle médiastin. Ce dernier est placé au bord postérieur du testicule, un peu à son côlé externe , et dans une région opposée à celle qu'occupe l'épididyme. Pour disséquer ce tissu, d'une manière claire et distincte, on fait d'abord une section transversale du testicule, et, examinant les bords de la section, on voit que la tunique albuginée peut facilement, en cet endroit, se diviser en trois couches. La première contourne le cordon spermatique, s'uuissant à la gaîne qui recouvre les vaisseaux de ce dernier. La seconde couche s'unit avec une semblable couche, du côté opposé , et forme un tissu épais entre les fibres duquel il y a des interstices pour les vaisseaux sanguins et pour les absorbans. Enfin, la couche interne, s'unissant avec celle du côté opposé , aussi bien qu'avec la couche précédente de la tunique albuginée , forme le prolongement que j'ai appelé médiastin , et qui se projette dans le teslicule , entre les tubes. C'est dans cette substance que sont placés les conduits séminaux du rete.
Le médiastin est donc composé de deux corps , le supérieur placé vers le cordon spermalique,l'inférieurversle centie du teslicule. Dans le premier, se trouvent des vaisseaux sanguins, dans le second, les conduits du rete. De celui-ci procèdent les piliers {traverses fibrouses), qui sont étendus à la surface interne de la tunique albuginée , pour prévenir l'ccarlcment de ses deux côtés. Du môme point parlent des ligamens plus petits, qui vont envelopper et soutenir les lobes de la substance tubuleuse.
Si l'on pratique une incision, suivant le grand axe du testicule , d'une extrémité à i'autre , on verra le médiastin se projeter en
bas et en avant, au milieu de la substance tubuleuse , s'étendant à plus des trois quarts de la longueur du testicule , et son bord se terminer , en formant ses ligamens. Dans un testicule qui avait un pouce trois quaits de long ; le médiastin avait un pouce un huitième.
Dans toute la longueur du médiastin, passent des canaux qui forment le rete ; et , quand ce médiastin est coupé transversalement, ces canaux sont très-apparens à l'œil nu. Ils s'étendent longitudinalement , et en décrivant des ondulations de la partie postérieure à la partie antérieure du médiastin. Ils y sont situés plus près du bord antérieur et inférieur du testicule, que de son bord postérieur. C'est ce qui m'a conduit à faire cette remarque, que le médiastin est composé de deux parties : en arrière, de vaisseaux sanguins, en avant, de conduits séminaux qui forment le rete.
Les tubes se terminent , dans ces conduits du rete, par de simples vaisseaux qui passent à travers de petitq^ouvertures entre les ligamens du médiastin , ei ils pénètrent dans le bord antérieur, aussi bien que dans les côtés et dansles extrénaités du rete, mais ils n'entrent point dans le bord postérieur du médiastin.
Le rete se termine à l'extrémité postérieure' du testicule, eu formant les vasa efferentla. Le médiastin descend vers le centre du testicule , et les tubes centraux y pénètrent en cet endroit, tandis que les autres pénètrent sur ses côtés. A la partie postérieure du médiastin, rampe une artère très-sinueuse , qui s'étend de l'une de ses extrémités à l'autre. Lesveines se ramifient aussi à la partie postérieure de ce corps , et envoient , à travers sa substance , des rameaux qui passent entre les ligamens et les lobes de la substance tubuleuse.
Après avoir suivi les canaux du rete, et trouvé qu'ils sont situes et complètement renfermés dans la tunique albuginée, il me vint à l'idée que je pounais injecter ces conduits avec de la colle , ou même avec une injection grossière , en introduisant un tube délié d'argent Qu di'acier, dans les canaux du rete.
ANATOMIE DU TESTICULE
Je mis cette idée à l'épreuve , el je poussai , mercure. Le rele peut môme fitre rempli par dans les tubes sémiuifères , une injection fine une injection grossière, qui pénétrera trèscolorée , et les vaisseaux efférens furent de bien dans le coannencement des tubt-s et dans même promptement remplis. les v aisseaux eflerens. Si le tube à injection est
J'ai ainsi obtenu quelques belles prépara- placé dans la partie postérieure du mOdiastin, lions plus faciles à disséquer , et beaucoup l'injection s'insinue aisément dans les vaismoins susceptibles de se rompre, que celles seaux absorbans, et ceux du cordon sperraaqui sont faites en injectant les tubes avec du tique se remplissent.
VAISSEAU EFFÉRENS. [Vasa efferentia.)
Les tubes contenus dans la cavité de la tunique albuginée , et les canaux du rete , situés entre les couches de la même membrane, coustiluent le corps du testicule , et les vaisseaux seminifères , qui leur succèdent immédiatement, sont les vaisseaux efférens. Ceux-ci sont placés entre le testicule et l'cpididynie, et sont, par conséquent , le moyen de communication entre la glande et son appendice, c'est-à-dire l'épididyme.
Ils procèdent de l'extrémité antérieure et supérieui'e du rele , et se dirigent vers l'épididyme dans lequel ils se terminent. Je n'ai jamais rencontré plus de quinze de ces vaisseaux; ils sont au nombre de treize à quinze dans un testicule sain. Mais ou les trouve souvent dans un état morbide et oblitéré, au point d'être réduits au nombre de six ou sept. Cette circonstance n'empêche pas l'organe de continuer à remplir ses fonctions ; car la semence est encore portée facilement dans l'épididyme, au moyen des canaux restans.
Les conduits efférens s'élèvent séparément du rete , et se terminent , en différens points , dans l'épididyme qui les reçoit, sans cesser de former un canal unique. Avant leur terminaison j ils forment chacun un renflement co-
nique dans lequel le tube séminal presque immédiatement avant sa terminaison à l'épididyme, se divise en plusieurs conduits d'une ténuité extrême. Un petit prolongement de communication réunit ces vaisseaux efférens, au moment de leur terminaison.
Entre les canaux efférens et les lobes qu'ils forment, se trouvent de forts cordons ligamenteux qui ont pour objet de renforcer les connexions existant entre le testicule et l'épididyme. La tunique vaginale, qui se réfléchit sur eux, est d'une texture plus serrée en cet endroit, que partout ailleurs.
Les conduits efférens ont la forme et les caractères généraux des tubes seminifères, mais ils sont dirigés en sens inverse. Ils naissent du rete, isolément, décrivent, d'abord, quelques courbures, et bientôt , par leuis circonvolutions multipliées , constituent de véritables cônes. Ils différent des tubes seminifères , en ce qu'ils envoient un conduit à l'épididyme, au lieu de se terminer en cul de sac.
Le premier canal efférent a la communication la plus large avec l'épididyme, le second, une plus petite, et ainsi de suite, bien que tous, en dernière analyse, communiquent avec lui.
EPlDîDYME.
Ce corps peut être considéré comme un appendice du testicule , et son nom lui vient de sa position au-dessus de cet organe, les testicules ayant reçu des anciens le nom de rf/rfynii.
Sa forme est celle d'un croissant ; son bord supérieur est arrondi ; son bord inférieur est mince ; son extrémité antérieure et supérieure est appelée sa tête; sa partie moyenne, son corps et sa partie inférieure, sa queue. La tête et la queue ont été encore désignées sous le nom de globus major et globus minor. Mais il n'existe aucun renflement qui mérite le nom de globus minor.
L'épididyme est recouvert par la tunique vaginale réfléchie. La tunique vaginale lesticu- Jaire se continue de la partie latérale du testicule sur l'épididyme , et passe directement sur la tête et sur la queue de celui-ci; mais à la partie moyenne, elle passe sous le corps de l'épididyme , et se rend au cordon spermatique. Alors elle se contourne , tapisse le côté interne de l'épididyme, et s'élève au-dessus de son bord mince , pour revêtir la partie supé-
rieure de son corps , se continuantpour former la tunique vaginale réfléchie. Elle ne couvre la queue de l'épididyme que superficiellement ; la tête au contraire, en est étroitement enveloppée.
Ainsi, chaque extrémité de l'épididyme est adhérente au testicule ; mais à la partie moyenne , il y a entre ces deux organes une lacune qui peut admeltre l'extrémité du doigt, et qui est tapissée par la tunique vaginale.
Quand la tunique vaginale est détachée de l'épididyme , on peut voir un grand nombre de cordons et de vaisseaux sanguins qui pénètrent dans ce dernier , de son extrémité postérieure à son antérieure , et le divisent en lobes. Ces cordons sont les insertions du crémasler sur l'épididyme; ils forment aussi des bandelettes qui s'opposent au déplacement des circonvolutions des tubes.
TÊTE DE L'ÉPIDIDYME OU GLOBUS MAJOR. —
Cette partie , quoiqu'ainsi appelée , est consituée principalement par les lobes des vaisseaux efférens , que quelques anatoraistes ont
A.NATOMIE DU TESTICULE.
appelés coni vaseulosi , et qui ne sont pas siluds séminal unique. Ces circonvolutions décrlTeût
«uruno seule ligne, tnais dont quelques-uns sont des trajets parallèles entre eux.
placés derrière les autres, de telli sorte que l'ex- Cette partie est plus petite que le globus
trémilé de l'épididyune est double et recourbée, major. On s'assure qu'elle est réellemenl con-
Eutre ces lobes, sont des cordons tendiiieux stitnce par un tube unique , non-seulement au
qui les séparent et les soutiennent; et, à la moyen de son déplissement complet qui est
partie snpérie-ire des vaisseaux cfférens. passe possible après la macération , mais encore,
une l)andelette de répididyme, qui reçoit un même pour les yeux les moins exercés, au
vaisseau de chaque lobe des conduits efféreus. moyen d'un déplissemenl partiel.
QuEUK DE 1,'ÉPiDiDYME. -Cette partie se 1er- Le corps de l'épididyme présente quelquefois
mine dans un canal déférent, dont le calibre des variétés:
est plus considérable, et le trajet moins 1* Je l'ai vu naturellement déplissé à son cenflexueux que celui del'épididynie; ce sont ces tre, dans une étendue de trois-quartsdepouce. caractères qui distinguent principalement ces 2° Il envoie fréquemment, en avant, un condeux organes l'un de l'autre. Mais quand on duit déférent supplémentaire, long de un à injecte le testicule , le mercure ne passe qu'a- trois pouces, le long du cordon spermatique; vec dilïlculté du conduit déférent dans l'épidi- et je possède une préparation où l'on voit trois dyme, à cause du trajet brusquement rétro- de ces canaux, dans le même testicule, se tergrade que le canal décrit en cet endroit , et à minant chacun par un cul-de-sac. cause des obstacles opposés par les cordons qui J'ai déjà décrit les artères et les veines de naissent du muscle cre'master. cette partie.
Corps DF, L'ÉPIDIDYME. — Le corps de l'épi- Les absorbans de l'épididyme se rendent dans
didyme est entièrement constitué par les cir- (Ceux du cordon spermatique. à un pouce en-
convolutions disposées en lobes d'un conduit viron du bord convexe du croissant.