CORPS CARTILAGINEUX DE LA TUNIQUE VAGINALE
En disséquant des sujets qui étaient atteints d'hydrocéle à l'époque où ils succombèrent, j'ai trouvé plusieurs fois des petits corps flottant dans la sérosité. Quelquefois ils sont nombreux , le plus souvent on en trouve deux ou trois et parfois un seul. Au premier aspect ils ressemblent à des cartilages; mais à un examen plus attentif, on reconnaît qu'ils ne sont cartilagineux qu'extérieurement, tandis qu''ls sont osseux à leur centre. Ils ressemblent aux corps flotlans et pédicules des articulations, qui sont également cartilagineux à leur surface extérieure , et qui renferment dans leur intérieur une matière osseuse.
Dans quelques cas, j'en ai rencontré dont il m'a été impossible de découvrir l'origine ; il y avait bien des traces d'inflammation et d'adhérences dans la tunique vaginale, mais le lieu de leur formation ne pouvait être déterminé.
Dans d' autres cas, il m'a semblé que leur production s'était effectuée de deux manières: ils formaient des corps pédicules pendant à la surface de l'épididyme et du testicule, recouverts par la tunique vaginale. Lorsque le pédicule diminuait de grosseur, ils tombaient spontanément, ou étaient détachés par les mouvemens du testicule et par les froissemens auxquels ils sont exposés. Le deuxième mode d'o-
rigine que je leur connaisse est le suivant. Ils se produisent dans l'intérieur d'un kyste situé à la surface du testicule, entre la tunique vaginale et la tunique albuginée. En ouvrant ce kyste, on y trouve de ces petits corps solides suspendus à la surface interne. Ce mode de production se comprend et s'explique facilement. L'inflammation chronique provoque entre la tunique vaginale et l'albugiuée, une exhalation, un épanchement qui se projette en avant et reste suspendu ; ensuite ce produit devient vasculaire par la propagation des vaisseaux des membranes; il s'y forme des tuniques, et consécutivement, une matière ossexise y est sécrétée.
Ce qu'il y a de remarquable dans ce fait, c'est la tendance des membranes séreuses et séro-fibreuses à devenir le siège d'encroûtement cartilagineux et calcaire ; cette faculté en effet, n'est pas bornée à la tunique vaginale et à la tunique albuginée, car on l'observe fréquemment dans la dure-mère , quelquefois dans la pie-mère et dans le péricarde, souvent à la surface de la rate et assez souvent dans les articulations.
Quant aux effets produits par ces coi^ps dans la tunique vaginale , ce sont ceux de L'inflammation chronique; mais je n'ai jamais pu constater leur existence sur leur vivant.