LES MALADIES DU SEIN
On relire de grands avantages de l'étude des productions morbides el delà comparaison de leur disposition intime avec leurs caractères estériewrs, ainsi qu'avec les symptômes auxquels ellesdonncnl naissance.
Cette comparaison a le double avantage :
1° De rendre plus faciles le traitement et la cure des maladies,
2' Dans les cas ou la maladie est au-dessus des ressources de l'art, d'aider au moins puissamment à rétablissement du diagnostic.
C'est, en effet, la promptitude et la stireié dans le diagnostic qui font le caractère du praticien habile et expérimenté.
Ajoutons que, bien qu'aucun remède spécifique n'ait été découvert pour le traitement de certaines lésions, il n'en est pas moms d'une haute importance prati:|ue de savoir distinguer, parmi les affections, celles qui sont susceptibles de guérison de celles qui sont tout àfait incurables, celles qui sont légères de celles qui sont accompagnées de danger, celles qui réclament une opcratioti chirurgicale de celles qui peuvpnt se soustraire à l'emploi de ce moyen , celles enfin pour lesquelles il n'est be soin que d'une opération légère de celles qui en demandent de très-graves.
La vérité de ces assertions ne se montre nulle part avec plus d'évidence que dans l'histoire des maladies du sein chez la femme. Chez elle en effet , nou seulement cet organe est suscepti-
ble de contracter toutes les maladies communes aux autres tissus, mais il en possède en outre quelques autres qui lui sont propres. Les chirurgiens peu expérimentés ont trop de tenda ce à partager les opinions du vulg lire sur ce sujet, et à contondi'e sous la dénomina tioii gcfjcrale de cancer du sein les diverses tumeurs delà mamelle; el cependant tous les path.ologistes qui oui soumis les tumeurs de ces organes à une investigation analomiqut; savent quelle variété d'aspect etde nature elles pn'-seutent. Aussi, loin de les considérer comme appartenant toutes à la même famille, ils sont portés à en distinguer un grand nombre d'espèces.
Une étude attentive de ces tumeurs permet de reconnaître ((ue quelques unes d'entrée les sont le résultat d'une inflauimation aiguë ; qufr d'autresproviennent d'une inflammation lente; que les unes, indt-pendamment de leur caractère de chronicité, présenteul luelque chose An spécifique; que les autres enfin sont à la foi? de nature spécifique et cancéreuse.
Il appartient donc au chirurgien de reconnaître ces diffi'iencessnr le vivant, et il ne peut y parvenir: 1 Qu'au moyen d'une exploration manuelle 1iès-altenti\e et très habile de-> parties malades; 2° qu'après avoir disséqué nombre de lois les mêmes parties, soit après leur extirpation, soit après la mort des sujets, dan» les cas où U n'y a pas eu d'opération î
5" enfin , qu'autaut qu'il recueille des renseignemen? Irès-exacls et très-détaillés sur les circonstances anléfieures de la maladie. L'expérience puisée à ces diverses sources lui permettra d'apprécier sainement le caractère d'une maladie soumise à son inspedionsur le Vivant.
La précision de diagnostic qui résulte de pareilles études est une source de sécurité pour le malade, non moins que de satisfaction pour le chirurgien. J'ai été rarement témoin d'une joie plus vive que celle qui se peint sur les traits d'une femme, mère d'une nombreuse famille, dont elle est l'unique appui, quand, présentant à un chiruigien son sein déformé par une tumeur, et attendant la confirmation d'une sentence qu'elle a déjà prononcée elle-même, elle reçoit au contraire l'assurance positive que ses craintes n'étaient pas fondées. Pâle et trem-