‹ Œuvres choisies d'Alexis PironChapitre 119 sur 235 · GUSTAVE, ADÉLAÏDE · texte numérisé non relu

GUSTAVE, ADÉLAÏDE

GUSTAVE , à part , et au fond du théâtre. J'ai vu tout ce que j'avais craint.

Mon bonheur n'est pas tel qu'on me l'avait dépeint.

PIRON. T I, i3

Au temple où tout est prêt ma mémoire est proscrite.

ADELAÏDE , sa/is presque tourner les yeux de son côté.

Approchez. Je conçois quel trouble vous agite. I\lon aspect vous rappelle uu prince qui n'est mort Que pour avoir trop pris d'intérêt à mon sort. Sans moi, vous n'auriez pas à regretter sa vie. GUSTAVE , élevant })"u la voix , et s'avancant

lentement.

Son malheur jusque là n'est digne que d'envie, Madame , à vos sujets rien ne paraît plus doux Que l'honneur de combattre et de mourir pour

vous.

Gustave , je l'avoue , avait plus à prétendre ; Il croyait...

ADÉLAÏDE, sans V envisager.

Vous avez un billet à me rendre?

GUSTAVE

Oui , madame ; au milieu des horreurs du trépas,

Il a de vos sermens affranchi vos appas;

Et le dernier effort de son amour extrême

Est allé jusqu'au soin de vous rendre à vous-même.

ADÉLAÏDE, prenant le billet.

Il eut dû s'épargner des efforts superflus.

rayant ouvert.) C'est lui-même. Écoutons un amant qui n'est plus.

(après avoir lu bai quelque temps.)

[haut. )

<< D'une félicité vainement attendue,

'( si vous m'aimez encore , oubliez les douceurs.

" Votre repos m'occupe au moment où je meurs.

Page 1