‹ Œuvres choisies d'Alexis PironChapitre 121 sur 235 · ACTE III, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VI

GUSTAVE

Et qu'attester encore après ce que jai vu ? Au fond de votre cœur l'heureux Gustave a lu. Ne songeons qu'à l'exploitqui va me faire absoudre. Cette nuit vous régnez ; je vous venge; et la foudre Tombe sur Christierne, avant qu'elle ait grondé. Sans le soin de vos jours, le coup eût moins tardé. Mais vous étiez, madame, à la merci d'un traître, Qui, dans son désespoir, vous saisissant peut-être. Le poignard , à nos yeux , levé sur votre sein, Nous aurait arraché les armes de la main. Nous-mêmes des fureurs désarmons la plus noire. Qu'il ne dispose pas du prix de la victoire. Du peu de liberté qu'aujourd'hui l'on vous rend L'usage est d'importance , et l'avantage est grand. Il en faut profiter. Sitôt que la nuit sombre Sur ces lieux menacés épaissira son ombre. Hâtez-vous de vous rendre au portique ici près. Où l'élément glacé joint la radeau Palais. La valeur attend là votre auguste présence. A l'instant mon triomphe et le vôtre commence; Et j'immole à vos yeux celui qui fit aux siens Immoler les auteurs de vos jours et des miens. Vous pleurez! Doutez vous du succès de mes armes?

ADÉLAÏDE

Non, je vous connais trop pour vous donner des

larmes.

Que n'a pas déjà fait, que ne peut votre bras ^ Et vos feux rassurés ne l'affaibliront pas. Mais qu'à cet ennemi dont vous craignez la rage Ma fuite laisse encore uu précieux ôlage !

GUSTAVE

IJe le faire avertir il faut preudre le soin , 31ficianie ; quel est-il ?

Ce fidèle témoin Près de qui s'instruirait votre flamme jalouse Une tète aussi chère à vous qu'à votre épouse : Votre mère.

GUSTAVE

Ma mère I Eh quoi? Ma mère vit !

ADÉLAÏDE

Dans les fers d'où je sors seule elle me suivit, Et, près de moi, resta tout ce temps inconnue. Mais enfin sa douleur ne s'est plus contenue, Dès que de votre mort le bruit s'est confirmé ; De ce qu'elle est. par elle on vient d'être informé ; Et déjà dans la tour elle rentre peut-être.,

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