SCÈNE III
CHRISTIERNE, RODOLPHE, gardes.
CHRISTIERNE, (LUX f^ardes.
Que l'on suive ses pas, allez : qu'on m'en réponde ; Et qu'il ne sorte plus de son appartement. ]\odoIphe, je te vois frappé d'étonnement. 1 Jiquoi! devaisjeencore souffrir qu'un téméraire..
RODOLPHE
La rigueur n'a jamais été plus nécessaire. Tout me devient suspect ; tout vous doit l'être ici ; El ce qui me surprend va vous surprendre aussi. Gustave n'est point mort.
CHRISTIERNE.
Qu'entends-je ?
S32 GUSTAVK-WASA.
RODOLPHE
Adélaïde Nous en apprendrait plus sur un projet perfide Dont elle a vu tantôt le complice ou l'auteur.
CllBlSTIERNE.
Quoi 1 ce fier inconnu...
RODOLPHE
IN'était qu'un imposteur Dont l'audace a d'abord appuyé l'artifice , Et qu'elle a fait courir ensuite au précipice.
CIIRISTIERNE.
Son récit, ce billet, tous ces bruits...
RODOLPHE
Étaient faux.
CHRISTIERNE.
Et le traître, dis-tu, qui tramait ces complots...
RODOLPHE
Est en nos mains. De plus, par un bonheur extrême, Cet inconnu, je crois , est Gustave lui-même.
CnmSTlERNE.
Gustave ! d'où te naît ce soupçon ?
RODOLPHE
De tou t l'or Offert à l'un des miens qui gardait Léonor. Dans SCS empressemens pour cette prisonniî-re , On a cru voir un fils alarmé pour sa mère. Le garde incorruptible a feint de l'écouter. Par ce moyen, sans bruit, on a su l'arrêter. Je l'ai vu. Sur son front, au lieu de l'épouvante, Sont peints le fior dépit et la rage impuissante. Ses regards dédaigneux, un silence obstiné, Tout me l'annonce tel que je l'ai soupçonné.