‹ Œuvres choisies d'Alexis PironChapitre 150 sur 235 · ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VII

Que vois -tu qui n'évoque en ces lieux la vengeance? Toi-même en as banni dès long temps la clémence. Le jour, l'heare , l'instant, déposent contre toi. J'ai vu lever le fer sur ma mère et sur moi. La reine a craint encore un destin plus horrible...

CnniSTlEHNE.

Tranche de vains discours. Tu dois être inflexible. En me le déclarant penses-tu m'émouvoir, Toi, de qui la pitié croîtrait mon désespoir? Je me reproche moins mes fureurs que ta vie. Ta vengeance déjà devait être assouvie.

Gustave triomphant, le trépas m'est bien dû. Tu vois ce que me coûte un seul instant pei du. Profile de l'exemple, et satisfais ta rage.

GUSTAVE

Nomme autrement la haine où l'équité m'engage. Je la satisfais donc. Je t'épargne. Survis A la perte des biens qu'un rival t'a ravis. Eprouve le dépit, la honte et l'épouvante. Même à ta liberté je défends qu'on attente. Errant et vagabond, jouis-en si tu peux. Exécrable partout, sois partout malheureux ; Partout, comme un captif que poursuit le supplice , Et qui du monde entier s'est fait un précipice. Je vous charge du soin de son embarquement, Casimir; qu'on l'éloigné; et que, dans le momei;!, De ce monstre à jamais on puige le rivage. Et nous, madame, après un si long esclavage , En de tendres liens allons changer nos fers, Et réparer les maux que Stockolm a soufferts.

Page 1