SCÈNE VI
SYLYAINDRE, 1)0 Hl S,
SYLVAKURE.
Moi , jusque là pousser la déférence 1 Elle consent qu'Hylas parvienne à l'obtenir, Et veut que je l'entende avec indifférence! Que je vive en pleine assurance !
DORIS
Belle leçon à retenir ,
Pour ne jamais , à l'avenir ,
Prendre feu sur une apparence.
Tout vous doit remplir d'espérance;
Et vous allez en convenir.
Prèlez-nioi seulement une oreille altenlivc. Chacun sait que ce fut sur ce bord fortuné
Qu'épris de l'ardeur la plus vive
Apollon poursuivit Daphné...
SYLVANDRE
Apollon n'est-il pas ici bien amené?
DORIS
On sait aussi que, sur la même rive,
Dans son attente il demeura frustré;
Et qu'atteignant en vain la belle fugitive :
Cet amant n'embrassa que l'écorce plaintive
De l'arbre qui depuis lui resta consacré.
SVLVANDRE.
Piiisqu'<.>n «ni! Inutcela? pourtjUoi doncitaiisledire?
DOK'S
Je vous a\ prié d'écouler.
3o l'ES COURSES DE TEMPE.
SyLVA>DRE.
Vous m'aviez promis de m'instruire...
Donis.
Et ce récit va m'acquitter,
SYI.VANDRE.
Mais que peut-il en rc'sulter Qui rue rassure sur ïliémire?
Plus que vous n'osez souhaiter.
Votre impatience extrême:
Interrompant mou discours.
Et me retardant toii)Oiirs, Se persécute elle-même.
SYI.VAXDRE.
Venez donc au fait!
DORIS
J'y cours.
En mémoire de la fuite,
Où, pour unique recours,
Dapliné fut ici réduite.
Parmi nous est une loi
Qui permet à nos bergères .
Quand d'impitoyables pères
Tyrannisent notre foi , D'éluder, en fuyant , leurs volontés sévères,
Reste à l'objet de nos mépris De conquérir, s'il peut, autrement, la re'oelle D'une course, en un mot, nous devenons le prix ;(,
Et, pour la course solennelle Au "ré de la bergère un bel espace est pris. Si le berger triomphe, il a tout droit sur elle;
Nous perdons notre liberté.