CÉLÉMANTE, SYLVANDRE, HYLAS, THÉMIRE, DORIS
TiiÉMiRE , à Cëlèinante qui entre.
Venez , joyeux Célémante, yenez^ des sombres humeurs,
34 LES COUnSIÎS DE TEMPE.
Et d'à-travers les grondeurs.
Sauver ma gaîté mourante.
CÉI.ÉMA.NTE.
Adorable Thémire , a parler franchement , Ma belle humeur n'est pas inutile à la vôtre.
.Te devais être votre amant.
Oui , dites votre sentiment :
N'étions-nous pas faits l'un pour l'autre?
TIlÉMIRE.
On dirait en effet que l'amour ayant peur De ne pas sii^naler un pouvoir assez vaste ,
Affecte d'allacher un cœur
Presque toujours à son contraste.
C'est ainsi que l'on voit unis
Le vif et le fougueux Eraste,
A l'indolente et froide Iris ; La belle Galathée, au difforme ISicandre; L'enjoué Célémante , à la triste Doris ; Et moi qui suis si gaie, au sérieux Sylvandre.
DORIs.
Notre humeur est le sceau des plus tendres amours, Laissons la badinerie Et tout vos mauvais discours.
Si j'étais de vous deux bien tendrement chérie. Tous deux eussiez paru bien plus intéressés A ce qu'un père vient de dire :
Et vous vous seriez plus pressés, [struire. Vous, ma sœur, de l'apprendre, et lui de m'en in-
CÉLÉMANTE.
Mon air satisfait dit assez Qu'apparemment j'ai ce que je désire.