SCÈNE XVII
cÉLKMANTE , à Sflvandre.
Et toi , tâche aussi de m'entendre ; Tu vois comme elle t'aime ; et tes soupçons jaloux, Que souvent on a vus jusque sui- moi s'étendre , Doivent être guéris par un si beau courroux. C'est la moindre vengeance, ami, que j'a dû prendre D'un travers qui rompait tout commerce entre nous. Thémire a pour sa part payé de quelque larme
Le plaisir malin qu'elle a pris
De te donner souvent l'alarme , Comme à regret j'ai dû la donner à Doris.
Enûn admire ici le zèle
D'un ami prudent et fidèle :
Sans être de Thémire aujourd'hui le vainqueur,
Je ne pouvais en ta faveur ,
Comme je fais , disposer d'elle, Ni d'un fâcheux délai t'épargner la rigueur.
( à Thémire. ) Je viens à Polémon d'en porter la nouvelle,
En lui demandant votre sœur.
( à Sjlvandre. ) Au double mariage il souscrit de bon cœur ; Et son impatience égale au moins la nôtre. Ainsi j'ai dû courir, et j'ai vaincu pour vous. Qu'on se fasse justice à présent l'un à l'autre.
( à Thémire^ lui présentant Syh'andre, ) Thémire, de ma main recevez cet époux.
Vous, Doris , pardonnez au vôtre :
( (7 Sjh'cin'îi c. ) Et toi, si tu le veux , maintenant battons-nous.
SYLVAJNDRE.
Quelle était mon erreur ! et qu'ai-je pensé faire?
ôo LES COUP.SrS DE TIMPE.
HYLAS
Mais je ne trouve pas mon compte en cette aft'aire. Et moi donc , qui m'épousera?
CKI.ÉMANTE.
Un autre contre temps qu'Hylas excusera, C'est la danse et les chanls qu'exige ici l'usage. [on entend un bruit dinslrnmens.)
nVLAS.
Là , là, je ne perds pas courage.
11 faut voir comme tout ira. L'un des deux peut n'être pas sage , Et dès demain faire mauvais ménage; L'un des deux alors le paîra.