EPITAPHE DU GENRE HUMAIN
L'aurore ayant du jour entrouvert la barrière , Devançait le soleil, qui de près la suivit Mais quel étonnement, voyant la terre entière , De ne plus y revoir personne qui les vît !
L'homme était disparu de dessus la surface Du bourbeux élément dont il était sorti : Un souffle le créa lui jadis et sa l'ace ; Un soufile aussi léger l'avait anéanti.
Une haute obélisque au sommet du Caucase Terminait et couvrait un vaste souterrain ; Et Némésis venait de graver sur la base, En chiffres infernaux : Ci-gît le genre humain.
I Elle c'tait i\a sang des princes lorrains, et avait beaucoup î'esprit , de beauté , de grâces et de pie'le'.
iQO ÉPiTAPHES ,
La belle inscription pour le Grec hypocondre, Qui souhaita de voir tous les humains détruits! Que l'autre misauthrope et le Timon de Londre, Young , à ses côtés coule d'heureuses nuits I
Moins rigoureusement jugeons la race humaine ; L'homme était vicieux , mais faible, peu sensé , Et plus digne, après tout, de pitié que de haine: Le ciel s'en devait moins tenir pour offensé.
Aussi deux beaux esprits admis dans rÉlysée , Molière et Lucien , les Momus d'ici-bas , Aux hommes ont peint l'homme un objet de risée: Les hommes en riaient, mais le ciel ne rit pas.
Il dit : « Qu'il ne soit plus » ; et la terre est déserte. Amour, dont elle fut l'empire en tous les temps, Tendre Amour, c'est à toi de réparer sa perte. Et de la repeupler de meilleurs habilans.
Sois nu , simple, joyeux, fidèle , et sans caprices ; Loin de toute imposture, exempt de tous forfaits. L'argent, l'airain , le fer amenèrent les vices : Ramène l'âge d'or, et qu'il dure à jamais.
EPITaPHE