SCÈNE XL
FRANCALEU, DORANTE.
FRANCALEU , le retenant ferme.
Laissez , laissez de grâce !
Il en veut à ma fille , et je serais charmé Qu'il parvînt à lui plaire, et qu'il en fût aimé.
DORANTE
Oh ! parbleu , qu'il vous aime et vous et vos ou-
FRANCALEu. [ vrages.
Oîmme si nous avions besoin de ses suffrages !
ia8 LA MÉTP.OMANIE.
DORANTE
Le mien mérite peu que vous vous y teniez.
FRANCALEn.
Je serai trop heureux que vous me le donniez.
DORANTE
Prodiguer à moi seul le fruit de tant de veilles I
FRANCAI-Ei;.
Moins l'assemblée est grande , et plus elle a d'o-
DORANTE. [ reilles.
Si vous vouliez, pour lui, différer d'un moment?
FRANCALEU.
Non; qui satisfait tôt, satisfait doublement. (il lâche Dorante pour tirer ses lunettes. Dorante s^ évade; et Francaleu continue, sans s'en apercevoir. ) Et c'est le moins qu'on doive à votre politesse. D'avoir bien voulu prendre un rôle dans la pièce.
( il déroule son cahier et lit : } La Mort de Bucépuale...
( se retournant. )
Où diable est-il? Comment?
On me fuit ! Oh ! parbleu , ce sera vainement. Je cours après mon homme ; et s'il faut qu'il m'échappe , Je me cramponne après le premier que j'attrape ; Et, bénévole ou non , dùt-il ronfler debout , L'auditeur entendra ma pièce jusqu'au bout.