‹ Œuvres choisies de DelilleChapitre 53 sur 73 · LIVRE rv · texte numérisé non relu

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Et conserve en dépôt pour ces sages emplois Un suc plus onctueux ^ que la gomme des bois.

Souvent m^me on les voit s'établir sous la terre j Habiter de vieux troncs, se loger dans la pierre. Joins ton art à leurs soins ; que leurs toits entr'ouverts Soient cimentés d'argile, et de feuilles couverts.

De tout ce qui leur nuit garantis leur hospice : Loin de là sur le feu ^ fais rougir Técrevisse ; Défends à Tif impur ^ d'ombrager leur maison; Crains les profondes eaux, crains l'odeur du limon. Et la roche sonore, où l'Écho qui sommeille Répond, en l'imitant , à la voix qui l'éveille.

Mais le printemps renaît ; de Tempire de Tair Le soleil triomphant précipite l'hiver, £t le voile est levé qui couvrait la nature : Aussitôt , s'échappant de sa demeure obscure , L'abeille prend l'essor, parcourt les arbrisseaux ; Elle suce les fleurs, rase, en volant, les eaux. C'est de ces doux tributs de la terre et de l'onde Qu'elle revient nourrir sa famille féconde,

If eqnidqnam in tectis certatim tenuia cera

Spiramenta linunt, fuooque et floribus ora» 40 Expient, collectumque biec ipsa ad munera ijluten

Et Tiflco et Phrygis servant pice lenUus Id». Sspe etiam effossis, si vera est fama» latebris

Sub terra fovere larem, penitosque reperts

Pumicibnsqne cavis, exesaeqne arboris antro.

Tu tamen e levi rimosa cobilia limo

Unge fovens circom , et raras super injice frondes. Nea propios tectis taxum sine , neve rubentes

lire foGo cancros ; ait» nen crede paludi ,

Aut ubi odor cœni gravis , ant id>i concava pulsu 50 Saxa sonant , vocisqne offensa résultat imago.

Qnod superest, vM pnlsam hiemem sol anreus egit

Snb terras, cœlaraque sstiva luce reclusit,

Ul» coDtinuo saitus silvasque peragrant ,

Pnrpnreosque metunt florêd, et flumina libant

Somma teres. Hinc nesdo qua dulcedine Ixtœ

Qu'elle forme une cire aussi pure que For, Et pétrit de son miel le liquide trésor.

Bientôt, abandonnant^ les niches maternelles, Ce peuple, au gré des vents qui secondent ses ailes, Fend les vagues de l*air, et sous un ciel d*azur S'avance lentement, tel qu'un nuage obscur : Suis sa route; il ira sur le prochain rivage Chercher une onde pure et des toits de feuiilage : Fais broyer? en ces lieux la mélisse ou le thym ; De Cybèle à Tentour fais retentir Tairain : Le bruit qui l'épouvante , et l'odeur qui l'appelle , L'avertissent d'entrer dans sa maison nouvelle.

Mais lorsque entre deux rois^ l'ardente ambition Allume les flambeaux de la division , Sans peine l'on prévoit leurs discordes naissantes : Un bruit guerrier s'élève, et leurs voix menaçantes Imitent du clairon les sons entrecoupés. Les combattants épars déjà sont attroupés. Déjà brûlent de vaincre, ou de mourir fidèles; Ils aiguisent leurs dards, ils agitent leurs ailes,

Progenieni nidoéqae foyent; hinc arte récentes

Excuduut ceras, et mella tenacia finguot. Hinc , ubi Jam emissum caveis ad sidéra cœli

Nare per sstatem liquidam snspexeris agmen , eo Obscuramque trahi vento mirabere nubem ,

Ck)ntemplator ; aquas dolces, et frondea seinper

Tecta petunt. Hue tu jussos adsperge sapores ,

Trita melisphyila, et cerinth» ignobile gramen ;

Tinnitusque cie, et Uatris quate cymbala circnni.

Ips» consident medicatis sedibus ; ipsae

Intima more suo sese in cunabula condent Sin autem ad pugnam exierint (nam sœpe duobus

Regibus incessit magno disoordia motu ) ,

Continuoque animos vulgi et trepidantia bello 7u Ck)rda licet longe pnesciscere ; namque morantes

Hartius ille aeris rauci canor increpat, et vox

Auditur fractos sonitus imitata tubarum.

Tum trepid» inter se coeunt, pcnnisquc coruscant.

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