LIVRE IV
Sur le riant Lycée , où paissent tes troupeaux , Va choisir à Tinstant quatre jeunes taureaux ; Choisis un nombre égal de génisses superbes , Qui des prés émaillés foulent en paix les herbes \ Pour les sacrifier élève quatre autels ; Et , les faisant tomber sous les couteaux mortels , Laisse leurs corps sanglants dans la forêt profonde. Quand la neuvième aurore éclairera le monde , Au déplorable époux dont tu causas les maux Offire une brebis noire et la fleur des pavots ; Enfin , pour satisfaire aux mânes d'Eurydice , De retour dans les bois , immole une génisse. »
Elle dit : le berger dans ses nombreux troupeaux Va choisir à l'instant quatre jeunes taureaux ; Immole un nombre égal de génisses superbes , Qui des prés émaillés foulaient en paix les herbes. Pour la neuvième fois quand l'aurore parut , Au malheureux Orphée il offrit son tribut , Et rentra plein d'espoir dans la forêt profonde. O prodige ! le sang , par sa chaleur féconde
Sed modns orandi qui sit prius ordine dicam.
Quatoor eximios praestanti corpore tauros.
Qui tibi nunc viridis depascunt summa Lycsi , 540 Delige, et intacta totidem cervice juvencaa.
Quatuor bis aras alta ad delubra dearum
Constitue > et sacrum jugulls demitte cruorem ,
Ck)rporaque ipsa boum frondoso desere luco.
Fost, ubi nona suos Aurora ostenderit ortus,
Inferias Orphei letlixa papavera mittes;
Placatara Eurydicen vituia venerabere caesa ,
Et nigram mactabis ovem, lucumqne rcTises. » Haud mora : continuo matris praecepta facessit.
Ad delubra venit, monstratas excitât aras ; 530 Quatuor eximios prsstanti corpore tauros
Ducit , et intacta totidem cervice juvencas.
Post, ubi nona suos Aurora induxerat ortus ,
Inferias Orphei mittit , iucumque revisit.
Hic vero , subîtum ac dictû mirabiie monstrum !
Dans le flanc des taureaux forme un nombreux essaim ; Des peuples bourdonnants s'échappent de leur sein , Comme un nuage épais dans les airs se répandent , Et sur Tarbre voisin en grappes se suspendent.
Ma muse ainsi chantait les rustiques travaux , Les vignes , les essaims , les moissons , les troupeaux , Lorsque César ^4 , Pamour et l'effroi de la terre , Faisait trembler l'Ëuphrate au^bruit de son tonnerre , Rendait son joug aimable à l'univers dompté , Et marchait à grands.pas vers l'immortalité. Et moi je jouissais d'une retraite obscure ; Je m'essayais dans Naple à peindre la nature, Moi qui dans ma jeunesse , à l'ombre des vergers, Célébrais les amours et les jeux des bergers.
Âdspidant liquefacta boam per viscera toto Stridere apes utero, et ruptis effenrere costis, Immensasque trahi nubes ; Jamque arbore sumina Conflaere, et lentis nvam demittere ramis. Hsc super arvorum cultu pecorumque canebam, S60 Et super arboribus , Csesar dum magnus ad altum Fulminât Euphraten bello, victorque volentes Fer populos dat jura , yiamque affectât Olympe. lUo Virgilium me tempore dulcis alebat Partbenope , studiis florentem ignobilis oti, Carmina qui lus! pastorum, audaxque juventa, Tityre, te patulae cecini sub tegmine fagi.
FINIS GEORGIGON.