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RENE DESCARTES
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Descarte? (René) naquit le gl mnr^ i59fi à la Haye (Indre-et
Loire). Deux provinces de France se sont disputé la gloire de
compter Deicarte* au nombre de leurs enfants , la Bretagne et la
Touraine. Descartes appartenait à une famille originaire de cette
dernière proTince; ion grand-père l'avait quittée pour aller s'éta
blir à Rennes, où U avait été nommé conseiUer au parlement de
Bretagne. Son fils, le père de Descartes, lui succéda dans cette
charge de conseiller. Il demeurait habituellement à Rennes, et ce
fut le hasard qui fit que Descartes ne naquit pas dans cette viUe.
U peste s'étant déclar.^e à Rennet, sa mère s'était retirée momen-
tanément en Touraine : c'est là que Descartes e«t né; mais on l'a
considéré queltinefois comme appartenant à la Bretagne, parce
qu'U y a passé la plus grande partie de son enfance. A l'Age de
tait ans, Descartes fut placé par son père au collège des jésuites, à
RKME DESCARTES
la Flèche. E embarrassa souvent ses maîtres par Im objections qu'il leur proposait^ et il montrait dès cette époque un tel penchant pour la méditation, que ses camarades l'avaient surnommé le philosophe. Il quitta le collège à seize ans et passa un an à Rcniies, auprès de ses parents ; ensuite il alla à Paris, où il se lia avec d'autres jeunes gentilshommes tt ;« livra aux plaisirs de son Âge, mais sans excès et sans désordre. En 1617, âgé de vingt et un ans, il se décida à céder aux sollicitations de son père, qui voulait le faire entrer au service. Il servit pendant quatre ans, d'abord dans l'armée de Maurice de Nassau ^ ensuite dans celle dn 4uc de Bavière, qui était un des chefs du parti catholique dans la guerre de Trente ans. Il fit ensuite de grands voyages : il parcourut presque toute l'Allemagne , la Suède , le Danemark , la Hollande ; puis il revint à Reunes, et de là à Paris. Malgré cette vie ie voyage, Descartes trouvait toujours le tempa dé s'occuper de les études. C'est même à Tépoque où il était au lervice qu'il commença son Discours sur la méthode, son ouvrage sur la musique et quelques-uns de ses travaux mathématiques. Il regardait ses voyages comme un moyen de recueillir des observations philosophiques propres à le conduire peu à peu à un ensemble de connaissances certaines. Il nous en fait part lui-même dans son Discours de la méthode; il dit que les études qu'il avait faites à la Flèche ne lui avaient laissé que des doutes sur tout les sujets : c'est ce qui lui fit concevoir le projet d'abandonner les livres et de parcourir différents pays. Mais il reconnut bientôt que l'étude dn livre du monde n'était pas propre à lui donner la certitude qv'il cherchait ; car il vit qu'il y avait autant de diversité entre laa aontumei des peuplée qu'entre les philosophes. Il continua cependant ses voyages, qui pouTaient au moins l'aider à exécuter le projet qu'à cette époque il avait déjà formé, d'efifacer de son esprit toutes les croyances qui ne reposaient chez lui que sur le préjugé et sut k tradition, c En toutes les neuf années snivantes, dit-il, je ne fis autre chose que rouler çà et là dans le monde, tâchant d'y être s|>ectateur plutôt qu'acteur eu toutes >» cométlies qu'v s'y jouent; §ii faisant particulièremeut réflexion en chaque matièrt sur ce qui
RENÉ DESCÀRTE8
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pouvoit la rendre suspecte et nous donner occasion de nous méprendre, je déracinois cependant de mon esprit toutes les erreurs qui avoient pu s'y glisser auparavant. » Un fait remarquable raconté par les biographes de Descartei el V. JM qui se rapporte à la période de sa vie dont nous parlons, c'est une vision qu'il eut à l'époque où il commença ses réflexions sur la méthode. Il crut entendre une voix du ciel qui l'appelait à réformer la philosophie. On trouve des faits du même genre dans la vie de presque tous les grands hommes : Socrate croyait avoir un démon qui inspirait ses paroles et ses actes ; Christophe Colomb croyait du fond de l'âme qu'une voix du ciel l'avait appelé à la découverte de l'Amérique; Bacon lui-même, avec son esprit si éminemment pc«itif, attribuait ses découvertes à une inspiration divine. Il faut aussi remarquer le vœu que Descartes fit , à la même époque, d'un pèlerinage à Notre-Dame de Lorette, vœu qu'il exécuta plus tard. C'est une preuve, avec beaucoup d'autres, que Descartes ne voulait point renverser le catholicisme : il voulait séparer la philosophie de la théologie , et la rendre indépendante , mais sans porter aucune atteinte à la religion.
Nous avons dit que Descartes, en 1616, était arrivé à Paris, de retour de ses voyages. En 10 '2 8, il alla voir le siège de la Rochelle. Il f'sagagea comme volonUire dans l'armée royale et servit en cette qualité jusqu'à la prise de la ville. En 1619, à l'âge de trente-trois ans, il se décida à se fixer en Hollande, pour s'y vouer tout entier à la méditation. A Paris, il était continuellement dérangé, toit par ses anciens amis, qui cherchaient à lui faire prendre part à leurs plaisirs , soit par les lavants de la capitale , qui venaient constamment le visiter et le consulter. D'ailleurs, il avait le désir de vivre dans un climat plus froid que celui de la France. Il avait commencé à Paris un ouvrage sur les preuves de l'existence de Dieu , mais il n'en avait pas été satisfait , et il lui sembla que le climat de Paris ne lui faisait engendrer que des chimères. Pendan . vingt ans entiers Descartes séjourna en Hoilaade. A Amsterdam, il travailla d'abord à un traité de la lu^ mière. Il donnait pour base à ses raisonnementa le système de
RENÉ DESCARTES
Goperaio lur le mouvement de la terre, et il abandonna ton traita lonqu'il apprit la condainuation de Galilée. On voit par la lettre où il raconte les faiis^ qu'il cédait en cela à un motil de prui^ence plutôt que de foi ; car la condamnation des inquisiteurs romains n'étant pas coutinnée par une bulle du pape ou par la décision d'un concile, il ne se croyaii point obligé de renoncer à son opinion sur le mouvement de la terre.
Eu 16S7, Descartes publia son Discours sur la méthode y avec Im Géométrie^ la Dioplrique et les Météores, applications de cette méthode qu'il réunit dans le même volume. Eu 1641, il publia ses Méditations métaphysiques. Ce sont là des dates imj>ortantes dans l'histoire de la philosophie.
Ce fut peu de temps après la publication du premier de ces ouvrages que commencèrent les perbécutions dirigées contre Descartes en Hollande. Déjà un jésuite , le P. Bourdin , avait voulu faire condamner les doctrines de Descartes pai le clergé français, mais il l'avait essayé sans succès. Le papisme protestant eut moins de tolérance que le catholicisme : un minisire nommé Gilbert Voètius, recteur de l'Université d'Utrecht, accusa Descartes d'athéisme; Descartes et son disciple Leroy, professeur à Utrecht, répondirent 4 cette accusation. Voétius porta plainte en calomnie devant le sénat d'Utrecbt, qui déclara la réponse de Descartes diifamatoire et le somma de venir à Utrechi défendre ses ouvrages, que l'on menaçait de faire brûler par la main du bourreau. Deseartee refusa d'obtempérer à cet ordre et s'adressa à Tambasiadeur de France, qui Ht anèiei toute cette procédure par les États de la province. Quelques années plus tard, en 1647^ les mêmes attaques furent renouvelées à Leyde, par deux théologiens protestants, Reviui et Triglandius, qui accusaient aussi Descartes d'athéisme. Il porta plainte en calomnie devant les curateurs de l'Université d€ Leyde, qui, aprèt de longues hésitations, finirent par lui rendre justice. Toutes ces persécutions déterminèrent Doscartes à quitter 1a Hollande et à te rendre aux sollicitations de la reine Christine, qsi rengageait depuis longtemps à ic fixer en Suède. En 1649, il partit pour Stockholm, où il tut reçu avec toutes sortes d'hoa-
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neun. La reine voulut prendre de lui des leçons. Descartes se rendait tous les jours, à cinq heures du matin, dans la bibliothèque de la cour, et Christine employait les premières heures de la journée à l'entendre disserter sur la philosophie. C'est cette obligation qui ftit cause de sa mort. Comme il n'était pas accoutumé à un climat aussi firoid que celui de la Suède, il ne put pas supporter ces courses faites tous les jours, de si grand matin. Un jour il sentit qu'il avait été saisi par le froid, et néanmoins il voulut communier dans la chapelle de l'ambassadeur. En rentrant chez lui, il (ùt attaqué d'une fièvre chaude, et il y succomba le 11 février 1650, â^é de cinquante-trois ans.
Quelques années après, de ferventi cartésiens obtinrent que les cendres de Descartes fussent transportées en France, et elle furent déposées solennellement à Paris dans l'église Saint-Étienne di Mont, où elles sont encore. Le P. Lallemand, chancelier de l'Université , devait prononcer son oraison funèbre ; mais la cour le lui interdit, à cause des doutes qui s'étaient élevés à cette époquo contre l'orthodoxie de Descartes.
Ces doutes n'avaient aucun fondement : les théologiens les plus renommés de l'Église catholique ont rendu justice à l'orthodoxie de Descartes. « Descartes, dit Bossuet, a toujours craint d'être noté par l'Église, et il prenoit pour cela des précautions qui alloient •usqu'à l'excès. » Tous les ouvrages de Descartes sont remplis de protestations de foi et de soumission à l'Église catholique, et oouf l'avons aucune raison de supposer que ses déclarations ne fussent pa < sincères. Nous avons déjà parlé du pèlerinage qu'il fit à Notre-Ddme de Lorette pendant son voyage en Italie, pour accomplir un vœu qu'il avait fait dans sa jeunesse. On voit dans ses lettres que la Bible et la Somme de saint Thomas étaient ses lectures favorites. Nous avons aussi une preuve de la sincérité ^es croyances religieuses de Descartes dans le témoignage que rendit à cet égard la reine Christine, qui à la fin de sa vir abjura le protestantisme et déclara que c'était dans les entretiens de Descartes qu'elle avait puisé la oremièie semence de sa convei sion.
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RRNS DESCARTES
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On inscrivit êii: ion tumfceàu répiuphe luiTanie :
RENATUB DESrARTEI VIR SUPRA T1TUL09 OMNIUM RETRO PHILOSOPnORrM NOl'.IUS GENERE, ARMORICU8 OENTE, TUR0N1CU8 ORIGINE IN GALLIA FLKXIiE STUlJfJIT IN PANNONIA MILES MERUTT IN BATAVIA PHILOSOPIIU8 D El HUIT IN SUKCIA VOCATU6 OCCUI'UIT.
TANTI VIRI PRETIOSAS REL-QUIAS OALUARUM PERCELEBRI8 TUNC LEOAT'-'S, PETRU8 CHANUT CHRlSTINiE, SAPlENTISSIlLfi RïOIN^, BlPIENTlUM AMATKICI IHVIDERK NON POTUIT, NBC VINDl ^ÎARE PATRICE SED QU1BU8 LICUIT CUMULÀTI8 HONORIBUS PEREORINJî TERE^ MANDATIT INVTTU8, ANWO DOMINI 1650, MEN8B FEBRFARIO : /ETATI8 54. TANDEM P08T 8BPTEM ET DECEM ANN08 IN ORATIAM CHBI8TIANIS8IM1 KE0I8 LUDOVICI DECIMI QUARTI vntORUM INSIONIUM CULTORI8 ET REMUNERATORIS PROCURANTE PBTRO d'ALIBERT SBPULCHRI PIO BT AMICO VIOLATORE PATRliE REPPITJE RUNT, W IN Ï8TO UUBIS ET ARTIUM CULMINE POSlT-fi,
irr QUI vivus apud exteros otium et famam qu^sierat
MORTUUS AFUD 6COS CUM LAUDE QU1ESCEUE , SUIS BT EXTER18 IN EXEMPLLT* BT DOCUMBNTUM FlTUItU».