‹ Œuvres choisies de Diderot;Chapitre 36 sur 153 · GERMEUIL, CÉCILE · texte numérisé non relu

GERMEUIL, CÉCILE

CÉCILE, après un moment de silence, avec chagrin, — Me voilà, grâce à vous, à la merci de mes gens.

GERMEUIL. — Je ne vous ai demandé qu'un instant pour lui trouver un asile. Quel mérite y aurait-il à faire le bien, s'il n'y avait aucun inconvénient?

CÉCILE. — Que les hommes sont dangereux ! Pour son

* Ce passage, depuis : Quand je la quittai, était supprimé k la représentation.

bonheur, on ne peut les tenir trop loin... Homme ^ éloignez-vous de moi... Yous vous en allez, je crois?

GERMEUiL. — Je yous obéis.

CECILE. — Fort bien. Après m'avoir mise dans la posi- ' tion la plus cruelle, il ne vous reste plus qu'à m*y laisser. Allez, monsieur, allez.

GERMEUIL. — Que je suis malheureux I

cÉciLB. — Vous vous plaignez, je crois?

GERMEUIL. — Je ne fais rien qui ne vous déplaise.

CÉCILE. — Vous m'impatientez... Songez que je suis dans un trouble qui ne me laissera rien prévoir, rien prévenir. Comment oserai-je lever les yeux devant mon père ? S'il s'aperçoit de mon embarras, et qu'il m'interroge, je ne mentirai pas. Savez-vous qu'il ne faut qu'un mot inconsidéré pour éclairer un homme tel que le Commandeur?... Et mon frère !... je redoute d'avance le spectacle de sa douleur. Que va-t-il devenir lorsqu'il ne retrouvera plus Sophie?... Monsieur, ne me quittez pas un moment, si vous ne voulez pas que tout se découvre... Mais on vient : allez... restez... Non, retirez-vous... Ciell dans quel état je suis I

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