CÉCILE, SAINT-ALBIN
CÉCILE. — Où en suis- je réduite I... Ah I Germeuil !. . . Le trouble me suit. . . Tout semble me menacer... Tout m'eflfraye... [Saint-Albin entre, et Cécile allant à lui :) Mon frère, Deschamps a disparu. On ne sait ni ce qu'il a dit ni ce qu'il est devenu. Le Commandeur est sorti en secret, et seul... Il se forme un orage. Je le vois; je le sens ; je ne veux pas l'attendre.
SAINT-ALBIN. — Après cc quc vous avez fait pour moi, m'abandonnerez-vous ?
CÉCILE. — J'ai mal fait... j'ai mal fait... Cette enfant ne veut plus rester ; il faut la laisser aller. Mon père a vu mes larmes. Plongé dans la peine et délaissé par ses enfants, que voulez-vous qu'il pense, sinon que la honte de quelque action indiscrète leur fait éviter. sa présence et négliger sa douleur?... Il faut s'en rapprocher. Germeuil est perdu dans son esprit; Germeuil, qu'il avait résolu... Mon frère, vous êtes généreux; n'exposez pas
plus longtemps votre ami, votre sœur, la tranquillité et les jours de mon père.
SAINT-ALBIN. — Nou, il est dit que je n'aurai pas un instant de repos.
CÉCILE. — Si cette femme avait pénétré I... Si le Commandeur savait !... Je n'y pense pas sans frémir... Avec quelle vraisemblance et quel avantage il nous attaquerait ! Quelles couleurs il pourrait donner à notre conduite I et cela, dans un moment où Tâme de mon père est ouverte à toutes les impressions qu'on y voudra jeter.
SAINT-ALBIN. — OÙ cst Gcrmeuil?
CÉCILE. — Il craint pour vous ; il craint pour moi : il est allé chez cette femme. . •