‹ Œuvres choisies de Diderot;Chapitre 86 sur 153 · SCENE XX · texte numérisé non relu

SCENE XX

MONSIEUR HARDOUIN, seul.

Et voilà comment il faut s'y prendre quand on veut obtenir. Je n'avais qu'à dire à Poultier : « Cette femme ne m'est rien, je ne la connais que d'hier, je l'ai rencontrée, en courant le monde, chez des personnes qui s'y intéressent; on sait que je vous connais; on a pensé que je pourrais quelque chose pour elle ; j'ai promis de vous en parler, je vous en parle, voilà ma parole dégagée; faites du resté ce qui vous conviendra, je ne veux rien qui soit injuste ou qui vous compromette. » Poultier m'aurait répondu froidement : « Gela ne se peut; » et nous aurions causé d'autre chose. Mais madame Bertrand approuvera-t-elle le moyen dont je me suis servi? Si par hasard elle était un peu scrupuleuse?... Je l'oblige, il est vrai , mais à ma manière , qui pourrait bien n'être pas la sienne... Au demeurant, que ne s'en expliquait-elle? Ne lui ai-je pas exposé mes principes? Ne lui ai-je pas demandé, ne m'a-t-elle pas permis de me rendre son affaire personnelle? Qu' ai-je fait de plus?... Si Poultier pouvait m'envoyer, ou plutôt m'apporter le brevet avant le retour de la veuve... La bonne folie qui me vient I... J'arrive ici pour y faire une pièce; car madame de Ghepy comptait me chambrer tout le jour, et peut-être toute la nuit... Elle avait bien pris son moment... A propos, il faut que j'envoie chez de Surmont, pour savoir où il en est. Je ne voudrais pourtant pas que la fête manquât.

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