‹ uvres choisies de DoratChapitre 132 sur 142 · LA CONVENTION · texte numérisé non relu

LA CONVENTION

de ta bouche enfantine Donne-moi dans ces vergers Autant de furtifs baisers Qu'Ovide en prit à Corine ; Autant (je n'en veux pas plus) Qu'il naît d'Amours sur tes traces Qu'on voit jouer de Vénus Et de beautés et de grâces, Sur ton sein, entre tes bras, Dans ton délicat sourire, Dans tout ce que tu sais dire,...

ii LES BAISERS.

Et ce que tu ne dis pas ;

Autant que ton œil de flamme,

Armé de séductions,

Lance d'aimables rayons,

Et de traits qui vont à lame ,

De voluptueux désirs,

De rapides espérances ,

Et d'amoureuses vengeances,

Signal de nouveaux plaisirs ;

Autant que nos tourterelles

Roucoulent de tendres feux,

Quand le printemps de ses ailes

Semble caresser ces lieux.

Alors, si trop de foiblesse Me fait toucher à ma fin, Je dirai, Viens, ma maîtresse, Recueille-moi dans ton sein.

Que le vent de ton haleine Mêle mon ame à la tienne; Sa chaleur va m' embraser :

A cette ame évanouie Rends et souffle encor la vie Dans un long et doux baiser...

De la rapide jeunesse Saisissons tous les instants :

Bientôt la froide vieillesse

LES BAISERS. a3

Vient conduite par le temps,

Hélas! et par la sagesse.

O ma Thaïs ! le plaisir

A l'éclat des fleurs nouvelles,

L'inconstance du Zéphyr;

Comme lui prompt à nous fuir,

Il se fane aussitôt qu'elles.

XIe BAISER.

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