‹ uvres choisies de DoratChapitre 63 sur 142 · A M"-. CLAIRON · texte numérisé non relu

A M"-. CLAIRON

Et ta couronne de cyprès Est sa parure favorite.

Allons , il faut prendre un parti.

Ma Clairon, vois où nous en sommes!

Plus d'actrices, plus de grands hommes, Tout meurt, tout est anéanti.

Par toi Paris est au régime.

Reprenant ses antiques droits , En vain Dumesnil quelquefois Pour nous enchanter se ranime :

En vain Brizard , les sens troublés , Vient étaler sur notre scène Ses beaux cheveux gris-pommelés, Et son ame républicaine :

Chevelure , ame , rien ne prend ; Tous nos jeunes talents succombent, L'un sur l'autre les drames tombent, Le public ne voit ni n'entend.

Souveraine toujours chérie, Tes états sont dans l'anarchie.

Pour rendre enfin le mal complet , D'un quart la recette est baissée , Et Melpomène est éclipsée Par le singe de Nicolet.

Toi seule à nos vœux indocile, Causes les maux dont je gémis.

Tel jadis le courroux d'Achille Fit le malheur de son pays.

On dit, 6 la plaisante histoire!

Que par un scrupule enfantin , Tu ne veux point, dois-je le croire?

Trouver Laïs sur le chemin Oii tu prends ton vol vers la gloire.

Ce bruit est faux, je le soutien :

Laïs est si bonne personne !

Elle a des amants la friponne ! C'est un avoir qui sied fort bien.

Je suis juste, sois indulgente.

Il est permis d'être catin Depuis dix-huit ans jusqu'à trente; Et d'en avoir quitté le train On gémit encore à quarante.

D'ailleurs l'aigle , au milieu des airs , Planant au-dessus des collines, Se jouant parmi les éclairs, Du haut de ces routes divines, Voit-il à l'ombre des buissons Les jeux des mouches libertines Et les amours des papillons ?

Ah ! j'y suis : tu voudrois détruire Ce ridicule préjugé, Qui très-sottement protégé, - Fait qu'on flétrit ce qu'on admire.

Tu voudrois que tout simplement Mérope, Àlzire, Bérénice Allassent jurer en justice,

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