‹ uvres choisies de Jean RacineChapitre 111 sur 132 · LA MEME ISRAÉLITE · texte numérisé non relu

LA MEME ISRAÉLITE

Faibles agneaux, livrés à des loups furieux, Nos soupirs sont nos seules armes.

TOUT LE CHŒUR

O mortelles alarmes !

UNE ISRAÉLITE

Arrachons, déchirons tous ces vains ornemens Ctui parent notre tête.

Revêtons-nous d'habillemens Conformes à l'horrible fête due l'impie Aman nous apprête.

TOUT LE CHŒUR

Arrachons, déchirons, tous ces vains ornemens Gtui parent notre tête.

UNE ISRAÉLITE

Gtuel carnage de toutes parts !

282 ESTHER

On égorge à la fois les enfans, les vieillards. Et la sœur et le frère, Et la fille et la mère, Le fils dans les bras de son père, due de corps entassés, que de membres épars, Privés de sépulture !

Grand Dieu ! tes saints sont la pâture Des tigres et des léopards !

UNE DES PLUS JEUNES ISRAÉLITES

Hélas ! si jeune encore, Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur % Ma vie à peine a commencé d;éclore, Je tomberai comme une fleur Glui n'a vu qu'une aurore.

Hélas ! si jeune encore, Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur ?

UNE AUTRE

Des offenses d'autrui, malheureuses victimes, due nous servent, hélas ! ces regrets superflus? Nos pères ont péché, nos pères ne sont plus, Et nous portons la peine de leurs crimes.

TOUT LE CHŒUR

Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats Non, non, il ne souffrira pas Glu'on égorge ainsi l'innocence.

UNE ISRAÉLITE, Seule.

Eh quoi ! dirait l'impiété, Où donc est-il, ce Dieu si redouté Dont Israël nous vantait la puissance î

UNE AUTRE

Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux,

Frémissez, peuples de la terre ; Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux, Est le seul qui commande aux cieux:

Ni les éclairs, ni le tonnerre N'obéissent point à vos dieux.

UNE AUTRE

Il renverse l'audacieux.

UNE AUTRE

Il prend l'humble sous sa défense.

TOUT LE CHŒUR

Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats Non, non, il ne souffrira pas Qu'on égorge ainsi l'innocence.

DEUX ISRAELITES.

O Dieu, que la gloire couronne !

Dieu, que la lumière environne !

&ui voles sur l'aile des vents, Et dont le trône est porté par les anges.

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