LA TROISIEME
C'est son breuvage le plus doux.
ÉLISE
Chères sœurs, suspendez la douleur qui vous presse.
312 ESTHERj
Chantons, on nous l'ordonne ; et que puissent nos chants Du cœur d'Assuérus adoucir la rudesse, Comme autrefois David, par ses accords touchans, Calmait d'un roi jaloux la sauvage tristesse !
( Tout le reste & cette scène est chanté.)
UNE ISRAÉLITE
due le peuple est hçureux, Lorsqu'un roi généreux, Craint dans tout l'univers, veut encore qu'on l'aime. Heureux le peuple ! Heureux le roi lui-même !
TOUT LE CHŒUR
O repos ! O tranquillité !
O d'un parfait bonheur assurance éternelle, Glu and la suprême autorité Dans ses conseils a toujours auprès d'elle, La justice et la vérité !
{Ces quatre stances sont chantées alternativement por une voix seule et par le Chœur.)
UNE IS Ri ELITE.
Rois, chassez la calomnie :
Ses criminels attentats Des pi as paisibles états Troublent l'heureuse harmonie.
Sa fureur, de sang avide, Poursuit partout l'innocent.
Rois, prenez soin de l'absent Contre sa langue homicide.
De ce monstre si farouche Craignez la feinte douceur :
La vengeance est dans son cœur, Et la pitié dans sa bouche.
La fraude adroite et subtile Sème de fleurs son chemin ; Mais sur ses pas vient enfin Le repentir inutile.
UNE ISRAÉLITE, Seule.
D'un souffle l'aquilon écarte les nuages, '
Et chasse au loin la foudre et les orages. Un roi sage, ennemi du langage menteur, Ecarte d'un regard le perfide imposteur.
J'admire un roi victorieux, due sa valeur conduit triomphant en tous lieux ; Mais un roi sage et qui hait l'injustice, Glui, sous la loi du riche impérieux, Ne sourire point que le pauvre gémisse,
Est le plus beau présent des Cieux.
UNE AUTRE
La veuve en sa défense espère.
UNE AUTRE
De l'orphelin il est le père.