‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 119 sur 177 · LIVRE PREMIER. SgS · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. SgS

Près du malade il s assied , prend le pouls : Eh bien ! dit-il, comment vous sentez-Vous? Point ne répond. Notre rusé Boerhave Lui crie alors d'un ton un peu plus fort: Monseigneiu*, Bien ! peste le cas est grave. Prince... au plus mal I Votre altesse... il est mort.

Sur Lalande^ t astronome.

Fuyez monsieur de La Comète , Cest de tous nos pédants le plus £Bistidieux : Aussi bavard que laid , aussi laid qu ennuyeux ,

Des astres il fait la gazette;

Son esprit est dans sa lunette; Il ti*en est que plus sot quand il descend des cieux.

Sur nos Églogues et Idylles françaises.

O mes amis ! c*est un plaisir bien fade Que de chanter des moutons qu'on n a pas l L'Églogue feinte a pour moi peu d appas. Berger de ville est une mascarade ; Et je me ris du bourgeois Lycidas.

Quand FAgnelet, petit Gotin champêtre ,

394 ÉPI6RAMMES.

Dans son grenier rimaillant sons on hèlre, Nous peint k chèvre et ce qu'elle a htov^ , Au pâturage on croit qu'il a goûté ; Et désir yient de le renvoya paître.

Sur une DemoiseUe poëte et mère.

Cette muse, asses profane»

A fSedt deux œuvres , dit-on , L'ime y en dépît d'Apollon ; L'autre» en dépit de Diane.

Frappe une ingrate; Amour l venge mes larmes; Venge des nœuds que Thémire a brisés , Et tes autels et mes feux méprisés ; Que Tinfidéle expire sous tes armes !... Non ! qu^elle vive en pleurant ses attraits ; Que son orgueil s'éteigne avec ses charmes; Fais que ma vue insulte à ses regrets. Dieu! je la vois! c'est ellei... et je l'adore! Amour trompeur, tu lembeUis encore I Fuis , dieu cruel I c'est toi seul que je hais.

LIVBE PBEMIER. 395

Propos de joueuses^ sur k fameux voyage autour du monde par M. de La Pérmse.

J'étois hier près d'une table ronde,

Où, se lassant de gronder Quinola,

De La Pérouse un moment on parla.

Il va, dit-on , faire le tour du monde ;

Le tour du monde ! Eh ! que fera*t-il là?

S'écrie Églé; sottise que cela;

Le temps est cher; mais il faut que j'écarte...

L'indigne jeu! Puis, d'un air affairé,

Orpliise ajoute , en regardant sa carte,

Ce La Pérouse est donc bien désœuvré ?

^vis essentiel à Madame de ***.

Vous avez tout, charmante Elvire, Beauté, grâces, raison, esprit:

Chacun le sait ; chacun le dit ; Mais gardez-vous de le redire.

Aux Muses.

Savantes Sœurs ! reprenez votre lyre ; Qu 'ai-je besoin de vos dons impuissants? Je ne voulois chanter que pour Thémire ; Thëmire , hélas ! est sourde à mes accents. Il fut des jours , 6 nymphes de mémoire ! Où la beauté s'enflammoit pour la gloire , Où du génie elle aimoit la candeur ; Mais dans ce siéde avare et ridicule , L or à la main , sans talents , sans pudeur, Un fat obscur ëclipseroit Tibulle.

Sur la mort de Voltaire,

O Parnasse ! frémis de douleur et d'efiroi ! Pleurez y Muses! brisez vos lyres immortelles; Toi , dont il fatigua les cent voix et les ailes , Dis que Voltaire est mort, pleure, et repose-toi.

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