‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 123 sur 177 · LIVRE PREMIER. 4oi · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. 4oi

A la Raison,

C'est trop long-temps m'étaler tes maximes y Triste Raison ! tu n'es pas le bonhem*. Fuis : je renonce à tes ennuis sublimes. Et toi, reviens. Amour! doux suborneur; Amour ! c est toi , toi seul que je veux suivre ! Cesser d'aimer, ah ! c est cesser de vivre! Avec tes maux quel bien j avois perdu ! Rends-moi tes feux, tes craintes, tes alarmes; Pour mon bonheur, rends-moi jusqu à mes larmes; Rends-moi Fanni; tu m auras tout rendu.

Sur Le Mierre , qui se vantait if une traduction italienne quon venait de faire de sa tragédie de Guillaume Tell.

Un Pradon suisse, enflé d'un faux succès. Dit qu on lavoit traduit en langue étrusque. Certain railleur repartit d'un ton brusque : On devroit bien vous traduire en français.

4osi ÉPIGRAMMES.

Moi célèbre de Mademoiselle Amould.

Qui le croiroit? pucelle d^Opéra

Du sentûnent connolt aussi les charmes :

Elle oonnott la volupté des larmes.

Qui voit Sophie aisément le saura.

Voici le fait. De sa vie amoureuse

Uespiégle un soir nous rappeloit le cours ,

Et rioit fort de ses derniers bons tours;

Quand tout-à-coup , d*une voix douloureuse,

Elle s^écrie : O mes premiers amours !

O le bon temps ! j^étois bien malheureuse !

Le bonheur des pauvres d esprit.

Les pauvres d'esprit vraiment sont Heureux dans l'une et l'autre vie ; Car droit au Pïuadis ils vont.

Comme ils vont à TAcadémie.

Sur le Goriolan de La Harpe ^ donné pour les pauvres.

Pour les pauvres la Comédie Donne une pauvre tragédie :

H est bien juste, en vérité, De lapplaudir par charité.

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