LA SOCIÉTÉ DÉLICIEUSE
Heureux qui , vers le soir, tranquille et sans affiiire ,
Rassemble une société Que Minerve eût choisie, et quelle-même éclaire;
Où , Icnn du profene vulgaire ,
L'ame sepandie en liberté;
Où la sagesse ait Fart de plaire;
Où la grandeur soit sans fierté,
La franchise sans dureté.
L'indulgence sans flatterie ,
Les Grâces sans coquetterie,
Le bon aîr sans fatuité.
Le savoir sans pédanterie,
L'enjonifient sans boufibonerie.
Le bel esprit sans vanité.
Et la verm sans pruderie !
Sur ce que M. de Voltaire y bienfaiteur de mesdemoiselles Corneille et de Varioourti les a mariées toutes deux après les avoir célébrées dans ses vers,
Apollon n a jamais doté Les belles que chantoit sa lyre.
Jamais^ deux fois, il na fêté Le dieu d'hymen en son empire ; Et même il est, s'il faut le dire, De gueuserie un peu noté.
On sait trop que le vieil Homère,
De Plutus, hélas! rebuté,
Sous les haillons de la misère
Couroit à l'immortalité;
Que les Muses, portant besace,
Compagnes de sa pauvreté,
Âlloient quêtant de place en place.
Quoi! l'Olympe, auteur de leur race, Put souffrir cette indignité !
D'époux même elles n'ont tàté.
Faute dor, que rien ne remplace; Puis ont &it vœu de chasteté :
Ce fiit leur dernière disgrâce !
Enfin Pactole si vanté De Permesse est devenu frère. L'union commence à Voltaire ; Et ce poète bien rente . Fait ce qu'Apollon n^a pu faire :
Il chante et dote la beauté.