‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 162 sur 177 · LA DOUBLE CONVERSION · texte numérisé non relu

LA DOUBLE CONVERSION

Deux aveugles couroîent le monde :

L*un , dieu de l'or, avoit le cœur d mrain ; L'autre agitoit un flambeau dans sa main : C'étoit l'enfant gâté de la fille de Fonde.

Ce beau couple, chemin feisant, Gausoit seul tous les maux de la machine ronde, Quand le bon Jupiter, à nos vœux complaisant,

' Mademoiselle de Beaumënil a mis cette ode en musique pour madame de Genlis. ( Note de l'auteur, )

Fixa leur course vagabonde Dans un ^te où vertu , graoe, mérite abonde : Pour l'indiquer ce trait est suffisant.

C'est là qu'instruits par un double modèle, Et du fatal bandeau se dépouillant tous deux. Le fol Amour devint sage, éclairé, fidèle; Et lavare Plutus sensible et généreux.

Page 1